5G en Europe : le «oui, mais…» à Huawei

Jan 30, 2020 | Mobility | 0 commentaires

Après Londres, l’Union européenne a ouvert à son tour sa porte au chinois Huawei pour développer la 5G. Ses préconisations ne sont pas contraignantes…

Oui à Huawei. Un «oui, mais…», plus précisément. «Nous en Europe, on accepte tout le monde mais on a des règles, ces règles sont claires, exigeantes», déclare le commissaire européen à l’Industrie, Thierry Breton.

L’UE a enfin dévoilé sa doctrine concernant le déploiement de la 5G… et, surtout, sur la place donnée à Huawei. L’équipementier chinois suscite depuis longtemps la méfiance du continent. A l’instar des Etats-Unis, qui ont chassé Huawei du marché de la 5G, certains Etats membres redoutent que ses infrastructures servent de cheval de Troie à Pékin pour espionner les communications ou les interrompre. Plusieurs hauts responsables de l’UE s’inquiètent, depuis des lustres, d’une loi chinoise de 2017, qui oblige ses entreprises à coopérer avec les services de renseignement de l’Empire du Milieu. Huawei, pour sa part, a toujours balayé avec force les soupçons d’espionnage.

L’Europe est mal prise. D’un côté, les Américains, en pleine guerre commerciale avec la Chine, ont investi de gros moyens pour pousser le Vieux Continent à chasser Huawei du marché de la 5G. Quitte, parfois, à se montrer menaçants. Le pays de l’Oncle Sam a notamment indiqué à Londres qu’un accord post-Brexit pourrait être remis en cause en cas de feu vert à l’équipementier chinois. De l’autre côté, la Chine n’a pas été en reste. Outre-Rhin, elle a par exemple brandi le spectre de mesures de rétorsions à l’égard de la puissante industrie automobile allemande, dont l’Empire du Milieu est le premier marché…

Une «boîte à outils» suffira-t-elle ?

L’UE a donc tranché. Mercredi 29 janvier, elle a révélé sa «boîte à outils» pour la 5G. Elaborée par tous les États membres de l’Union en collaboration avec la Commission européenne, elle multiplie les recommandations. Le but est clair : préciser ce qu’il convient de faire pour éliminer les risques spécifiques au déploiement des nouvelles infrastructures.

Ces préconisations, que les États membres de l’UE ont promis de suivre, ne sont pas contraignantes. Selon le communiqué de l’UE, il est recommandé de procéder à des «exclusions nécessaires (…) pour les actifs critiques et sensibles». Enfin, chaque pays et chaque opérateur sont également appelés à «avoir plusieurs sources de fournisseurs pour diminuer les risques»…

Huawei a aussitôt salué la décision et félicité les Européens pour leur approche «objective et basée sur les faits».

Incontournable Huawei

Il paraît difficile pour l’Union de se passer de Huawei : sur le plan industriel, il dispose d’une avance technologique sur ses concurrents et il est déjà présent dans de nombreux pays.

En Allemagne, les opérateurs ont actuellement jusqu’à 60 % d’équipements Huawei dans leurs réseaux 3G et 4G. Une situation qui rendrait difficile le passage à une 5G sans équipements chinois. En effet, elle nécessiterait une réinstallation de nouveaux équipements 4G notamment -soit un surcoût et du retard dans le déploiement.

En Espagne, Italie, Pologne ou Grèce notamment, il est déjà prévu que les opérateurs utilisent Huawei dans leurs déploiements, aux côtés d’Ericsson et Nokia. En Belgique, rien n’est décidé. Proximus et Orange en restent aux essais -initiés en avril 2018. La question est d’autant plus délicate que Huawei compte deux centres de R&D sur le territoire…

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