Le DSP NG est appelé à devenir l’outil central et la porte d’accès du futur European Health Data Space
Entre la refonte nationale du DSP en un DSP NG et le cadre européen de l’EHDS, c’est un nouvel environnement de la santé qui est en train de se construire. Ce sera, mardi 17 novembre, un sujet fort des Luxembourg Internet Days.
En facilitant l’accès aux données utiles à la prise en charge des patients et en renforçant l’intégration avec les logiciels métiers et les systèmes hospitaliers, le DSP NG (Next Generation) vise à soutenir la coordination des soins et à faire gagner du temps aux soignants.
L’ambition du DSP NG, viendra expliquer Marc Hostert, Conseiller de Gouvernement 1ère classe, Ministère de la Santé et de la Sécurité sociale, est de dépasser la logique de simple stockage documentaire (plus de 1 million de documents aujourd’hui) pour mettre à disposition des professionnels de santé une information de santé structurée, pertinente et directement exploitable.
Techniquement, l’enjeu des de taille. Le DSP NG -développé par l‘Agence eSanté Luxembourg- vise trois objectifs. Données structurées : dépasser la simple fonction de stockage documentaire pour fournir aux professionnels de santé des informations médicales structurées, pertinentes et exploitables. Interopérabilité : renforcer l’intégration avec les logiciels métiers et les systèmes hospitaliers afin de fluidifier la coordination des soins. Conformité européenne : s’inscrire pleinement dans les exigences de l’EHDS (European Health Data Space).
Harmoniser les règles de partage des données de santé
L’EHDS vise à créer un cadre unifié, sécurisé et interopérable à l’échelle de l’Union européenne concernant les données de santé. Objectif : donner aux citoyens un meilleur contrôle sur leurs données de santé, tout en permettant le partage sécurisé et transfrontalier de ces données pour la prestation de soins, la recherche médicale et les politiques de santé publique.
Cette notion d’interopérabilité est d’autant plus importante au Luxembourg, intrinsèquement lié à son environnement transfrontalier, qu’il s’agisse des flux de patients ou des ressources humaines. La Grande Région compte 12 millions d’habitants et plus des deux tiers du personnel soignant franchissent quotidiennement les frontières luxembourgeoises. Si cette ouverture est une force, elle met aussi en lumière des vulnérabilités, notamment en matière d’interopérabilité des systèmes, mais aussi de cadres juridiques et de barrières linguistiques.
Avec l’EHDS, l’objectif est clair : harmoniser les règles de partage des données de santé pour que chaque citoyen européen puisse bénéficier d’un accès fluide et sécurisé à son historique médical, peu importe le pays où il se trouve (utilisation primaire des données de santé). Mais aussi créer à l’échelle européenne un cadre sécurisé commun facilitant la réutilisation des données de santé (anonymisées/pseudonymisées) à des fins de recherche, d’innovation et de politique publique (utilisation primaire des données de santé).
Le DSP NG, porte d’accès à l’EHDS
Comme le décrit la Commission européenne, l’EHDS constitue une pierre angulaire de l’Union européenne de la santé, un effort plus large visant à renforcer la résilience et la coordination entre les systèmes de santé des États membres.
Aussi, le DSP NG est appelé à devenir l’outil central et la porte d’accès de l’EHDS. Le projet s’articule autour de trois axes majeurs. Un : devenir l’outil central des échanges transfrontaliers en dépassant le simple stockage de documents pour fournir des données de santé structurées et directement exploitables par les logiciels métiers. À terme, d’ailleurs, il permettra aux professionnels de santé de toute l’Union européenne d’accéder de manière sécurisée aux antécédents médicaux d’un patient (ordonnances, dossiers de soins), quel que soit le pays membre où celui-ci est pris en charge. Deux : s’intégrer dans le futur service NAS (National Authentication Service), le système de gestion des identités qui servira de verrou de sécurité et d’authentification robuste pour garantir la traçabilité des accès conformément aux strictes exigences européennes. Trois : s’aligner directement sur le calendrier réglementaire de l’EHDS. L’échéance majeure de conformité est fixée à mars 2029, date à laquelle l’échange du premier groupe prioritaire de données (dossiers patients, ordonnances, dispensations) devra être pleinement opérationnel à l’échelle européenne.

