L’utilisation de l’IA dans les conseils d’administration est « inégale et encore en cours de maturation », estime Deloitte

Nombre d’entreprises n’ont ni activé formellement ni standardisé l’IA pour les activités des conseils d’administration. Et près de la moitié des sociétés cotées ne soutiennent pas explicitement son utilisation. Globalement, les répondants se disent « incertains »…

Le constat tient du paradoxe :  pratiquement, tous les dirigeants poussent leurs employés à s’approprier l’IA, mais ils peineraient eux-mêmes à l’utiliser correctement ! C’est très net dans l’étude « How boards are using AI today – Board Practices Quarterly, July 2026 » de Deloitte.

« L’adoption de l’IA par les conseils d’administration s’inscrit dans un processus balbutiant, déclare Deloitte. Les politiques, les directives et les pratiques de gouvernance sont encore en développement », ajoute le cabinet de conseil. Et d’ajouter : « lorsqu’elles existent, elles ont tendance à se concentrer sur la sécurité, la confidentialité, l’utilisation acceptable, les aspects juridiques et la tenue des registres ».

De fait, 51 % des conseils d’administration ne disposent ni de règle ni de directive concernant l’utilisation de l’IA, exposant ainsi leurs entreprises à des risques juridiques, mettant en péril la confidentialité des informations. Presqu’autant (47 %) n’encouragent pas l’utilisation de l’IA dans leurs activités, tandis que 25 % n’ont pas d’IA standardisée, mais autorisent l’utilisation de cette technologie, précise Deloitte. Avec les périls que l’on sait.

Pour les conseils d’administration, l’IA passe progressivement du statut de simple point à l’ordre du jour à celui d’outil opérationnel. « Cependant, notre enquête révèle que son utilisation au sein des conseils d’administration est encore récente, inégale et en plein développement », notent Natalie Cooper, Managing Director, Deloitte LLP et Randi Val Morrison, Senior Vice President of Communications, Member Engagement and General Counsel, Society for Corporate Governance.

Jusqu’ici, des applications pratiques

Près de la moitié des entreprises cotées n’ont pas encore formellement activé et encore moins standardisé l’IA pour les activités de leur conseil d’administration. Qui plus est, la majorité des répondants ignorent si leurs administrateurs utilisent des outils technologiques avancés.

Pour celles qui ont commencé à expérimenter, l’utilisation de l’IA par les conseils d’administration tend à se concentrer sur des applications pratiques : analyse de rapports, synthèse de documents, préparation des discussions et identification des sujets clés des réunions.

« Notre enquête montre que la plupart des organisations ne disposent pas de politiques spécifiques aux conseils d’administration ; l’utilisation de l’IA par ces derniers reste principalement cantonnée aux tâches administratives et analytiques », commentent les deux auteurs de l’étude.

Les pratiques de gouvernance… en cours de développement

Significatif, aussi : seulement 8 % des conseils d’administration utilisent des outils d’IA approuvés par l’entreprise pour leurs processus de comité. C’est peu, anormalement peu.

Bref, l’adoption de l’IA par les conseils d’administration est encore expérimentale. Les politiques, les directives et les pratiques de gouvernance sont toujours en développement, constate le cabinet de conseil.

« Déployer un agent et le gouverner correctement sont deux aspects d’un même travail, conclut Deloitte. Or, actuellement, ces deux aspects progressent à des rythmes différents… »