Trois entreprises européennes sur quatre craignent d’être privées d’accès à leurs services par leur fournisseur technologique américain
Les entreprises européennes craignent une coupure brutale du système américain, mais n’ont pas -encore- de plan de secours, observe Proton. Moins d’une entreprise sur deux teste régulièrement des solutions de repli.
Deux entreprises européennes sur trois (67,8 %) déclarent qu’elles changeraient de fournisseur si une action gouvernementale leur coupait l’accès à leurs services. Soit, mais vers qui ?
En même temps, une vaste étude (panel : 1 500 dirigeants d’entreprises européennes), menée par le suisse Proton, actif à Luxembourg montre que seules 44 % des entreprises disposent d’un plan de continuité d’activité documenté et régulièrement testé. Ce qui veut dire que la majorité est sans solution de repli éprouvée.
Parmi celles qui se préparent à une interruption de service, la messagerie électronique et le stockage de fichiers dans le cloud sont les services de secours prioritaires, selon Proton.
Les interruptions de service ne sont pas une hypothèse pour les entreprises européennes. Chaque répondant a signalé au moins une interruption de service au cours des 12 derniers mois, allant des pannes et cyberattaques à la perte d’accès à un service.
Un blocage similaire à un ransomware
74 % des répondants redoutent qu’un blocage effectif par les États-Unis ne perturbe leurs opérations -un pourcentage similaire à celui des entreprises qui craignent les ransomwares ou les cyberattaques.
Ce constat révèle que les équipes dirigeantes et les conseils d’administration considèrent désormais ce risque géopolitique majeur comme aussi important que la menace quotidienne des pirates informatiques.
Si les ransomwares et les cyberattaques méritent d’être atténués par un plan de sécurité, le risque de coupure de service et d’interruption de service exige tout autant une réponse proactive, assure Proton à travers son étude. En réalité, la réponse est inégale, les organisations adoptant des solutions de continuité d’activité système par système. Seules 34 % des entreprises disposent d’une solution de repli pour leur plateforme la plus importante : la messagerie électronique.
Le coût de l’indisponibilité
La continuité d’activité est un ensemble disparate. Un arrêt d’urgence pourrait impacter l’ensemble de l’infrastructure. Si tous les services sont basés aux États-Unis, un second fournisseur, lui aussi américain, risque de ne pas être utile…
Plus de la moitié (54 %) des entreprises déclarent ne pas pouvoir survivre plus d’une journée de travail avant de devoir interrompre leurs services et leurs opérations jusqu’à ce que leurs outils numériques soient de nouveau opérationnels.
Et chaque jour d’indisponibilité a un coût réel, avec des répercussions sur les finances et la capacité opérationnelle de l’entreprise. Qui plus est, les pertes sont proportionnelles à la taille de l’entreprise. 29 % des grandes entreprises prévoient de perdre plus de 100 000 EUR en une seule journée d’interruption de service.
Résilience ? A quel niveau ?
Bien évidemment, une journée d’indisponibilité ne se limite pas à un bilan financier. Elle paralyse le travail, met à rude épreuve les relations avec les clients et, pour certaines entreprises, nuit à leur réputation longtemps après le rétablissement de l’accès.
94 % des entreprises disposent déjà d’un plan de continuité d’activité.
Ce qui veut dire que 6 % indiquent n’avoir aucun plan… ou ne pas savoir si elles en ont un. Cependant, le terme « avoir un plan » recouvre différents niveaux de préparation : 44 % le testent régulièrement, 36 % en ont un mais ne le testent pas, et 13 % le qualifient d’informel.



