81 % des CIO à travers le monde déclarent avoir perdu le contrôle sur leurs propres agents d’IA
La mission des CIO en matière d’IA ne consiste plus à développer des capacités, à valider la technologie et à rester au même niveau que la concurrence, mais à la maîtriser. En particulier ses agents. Comment faire quand il n’y a pas de gestion standardisée ?
« On a vendu aux CIO l’idée d’une autonomie totale, en omettant de mentionner la facture : les systèmes autonomes ne doivent pas seulement être surveillés, ils doivent être gérés », explique Florian Douetteau, Co-founder, CEO, Dataiku.
Or, selon le « Global AI Confessions Report: CIO Edition, 2026 » -fondé sur une enquête Harris Poll menée auprès de 685 CIO à travers le monde-, 83 % d’entre eux ne disposent pas d’une gestion standardisée du cycle de vie des agents au sein de leur organisation.
Par ailleurs, 47 % ont déjà mis fin à l’utilisation de plus de 20 agents cette année. Ce renouvellement s’opère, pour l’essentiel, dans une totale opacité. Alors que les agents se multiplient au sein des équipes et des plateformes, seuls 21 % des CIO déclarent bénéficier d’une visibilité complète et quasi en temps réel sur les coûts liés à l’IA, avec une ventilation par unité opérationnelle, par équipe ou par cas d’usage.
Licencier un agent ?
« La surveillance vous indique qu’un agent est en cours d’exécution ; la gestion, elle, permet de déterminer s’il justifie son maintien en activité, continue Florian Douetteau. Or, à l’heure actuelle, presque personne n’est en mesure de ‘licencier’ un agent… Un contrôle fiable est désormais la clé pour maximiser la performance de l’IA et la rendre reproductible. »
Les CIO sont confrontés à un défi inédit pour les entreprises : la gestion de flottes d’agents autonomes, à une échelle qui dépasse les systèmes conçus pour les encadrer. 67 % des CIO estiment que 51 agents d’IA — voire davantage -sont actuellement actifs en production.
Si la quasi-totalité des CIO se disent convaincus de disposer d’un suivi complet de ces agents, la réalité est tout autre : près de 3 CIO sur 4 (72 %) sont incapables de confirmer, de manière systématique, si ces agents produisent réellement les résultats métier pour lesquels ils ont été conçus.
Pas de visibilité suffisante, voire pas de visibilité du tout
60 % des répondants indiquent ne pas disposer d’une couche de gouvernance de l’IA centralisée qui engloberait leurs applications, outils et environnements informatiques d’entreprise. 81 % ne possèdent pas une visibilité totale sur les agents créés en dehors des systèmes approuvés ou des canaux officiels.
« Les CIO privilégient une approche distribuée plutôt qu’un contrôle centralisé, continue Florian Douetteau. L’idée reçue veut que la prolifération des agents se résolve par un verrouillage accru : restriction des accès, centralisation du contrôle et ralentissement des processus pour permettre aux équipes informatiques d’assurer un suivi. »
