Léger ralentissement. Mais des éditeurs portés par la révolution de l’agentique
L’IA agentique : une opportunité pour les éditeurs français ? Sûrement. Numeum et EY dévoilent les résultats de la 16ème édition du Top 250 des éditeurs de logiciels français, le panorama de référence du secteur.
« Les enjeux de transformation des entreprises sont considérables avec l’avènement de l’agentique et les éditeurs, après une phase de doute matérialisée par la Saaspocalypse, semblent être très bien positionnés pour accompagner cette révolution. »
Le commentaire de Jean-Christophe Pernet, Associé, Audit, Technolopie, EY France, résume bien le momentum : l’intégration massive de l’IA dans les solutions des éditeurs.
Globalement, le Top 250 EY–Numeum met en lumière un écosystème toujours solide, malgré un léger ralentissement de la croissance globale du secteur. A savoir des éditeurs portés par l’innovation et une adoption accélérée de l’IA, confirmant la révolution de l’agentique.
Les éditeurs français de logiciels ont poursuivi leur croissance en 2025, à un rythme toutefois plus mesuré. Le chiffre d’affaires édition progresse de 5,2 %, témoignant de la solidité du secteur (hors jeux vidéo, dont l’activité recule : -19,4%).
L’IA agentique, principale priorité des éditeurs de logiciel, devant le SaaS
L’adoption de l’IA au sein des offres logicielles franchit un nouveau cap : près de quatre éditeurs sur cinq ont désormais intégré des fonctionnalités d’IA dans leurs solutions (+19 points). Cette accélération témoigne du passage de l’IA du stade d’innovation émergente à celui de composante désormais incontournable des stratégies produit. Par ailleurs, l’IA agentique s’impose comme la grande priorité des éditeurs de logiciel (+16 points).
Les agents autonomes ouvrent une étape supplémentaire, celle de logiciels capables d’exécuter des séquences d’actions. L’agentique pourrait transformer la proposition de valeur des éditeurs, au-delà de la seule amélioration des fonctionnalités.
Le SaaS n’est pour autant pas négligé par les éditeurs puisqu’il poursuit sa progression et représente désormais 67 % du chiffre d’affaires édition réalisé par le panel 2025. Concernant les modèles de facturation, l’abonnement reste largement dominant mais la progression attendue de la facturation à l’usage constitue un premier signal d’évolution du modèle SaaS sous l’effet notamment de l’IA et de l’agentique.
Le SaaS est-il en train de devenir agentique ?
La résilience des éditeurs, leur capacité à s’adapter et les perspectives offertes par l’agentique montrent que les inquiétudes apparues début 2026 doivent aujourd’hui être relativisées. Sauf rares exceptions, ni les clients ni les acteurs des grands modèles de langage ne semblent avoir vocation à remplacer les logiciels existants par des développements internes.
Les éditeurs disposent pour cela d’atouts importants : leur maîtrise des données métiers, les enjeux de sécurité et l’intégration des logiciels au sein des systèmes existants leur confèrent une position difficile à reproduire. L’essor de l’agentique pourrait au contraire accroître la valeur apportée par leurs solutions.
« La valeur apportée par les logiciels va considérablement augmenter et les éditeurs ont bien identifié cette opportunité avec l’intégration massive de l’IA dans leurs solutions », conclut Jean-Christophe Pernet.
Dans ce contexte, l’agentique apparaît ainsi moins comme une menace que comme une nouvelle source de création de valeur pour le secteur.
