La Gen Z avance confiante, les Millennials avancent seuls
L’étude Jabra Worklife révèle un paradoxe générationnel : les Millennials sont les premiers utilsateurs intensifs de l’IA générative, mais aussi les moins accompagnés. La Gen Z, plus sereine et mieux formée, aborde la transformation avec un optimisme que ne partagent pas leurs aînés.
L’intégration de l’IA dans le milieu professionnel ne se vit pas de la même manière selon les générations. L’étude Jabra Worklife, menée auprès de 1 000 actifs en France, met en lumière un fossé générationnel inattendu.
Si les Millennials utilisent tout autant, voire plus l’IA que la Gen Z, ils l’adoptent sans filet mais dans un contexte de stress et d’incertitude professionnelle nettement plus marqué.
Des Millennials plus inquiets mais tout aussi investis dans l’IA
Les Millennials et la Gen Z n’abordent pas le travail avec les mêmes priorités ni les mêmes inquiétudes entre la contrainte des charges familiales, de la pression financière et de l’équilibre vie pro/vie perso.
43 % des Millenials placent leur salaire comme l’aspect le plus important de leur travail (contre 37 % de la Gen Z) suivi par l’équilibre vie pro/vie perso à 29% (contre 21% de la Gen Z). A contrario, 25 % des Millennials associent leur travail au stress, contre 15 % des Gen Z. Ils sont également deux fois plus inquiets pour leur avenir professionnel (16 % contre 8 %).
L’arrivée massive de l’IA dans le monde professionnel n’a pas pour autant creusé le fossé entre les deux générations. Bien au contraire. En effet, 37 % des Millennials utilisent l’IA générative chaque jour ou plus au travail, contre 33 % des Gen Z, avec une vision sur l’impact de cette technologie largement positive (65 % contre 61 %).
Formation, le grand écart
Néanmoins, l’écart décisif se joue sur le soutien reçu de l’employeur. Un Millennial sur trois (33 %) n’a reçu aucune formation sur l’IA, contre 22 % des Gen Z. À cela s’ajoute un autre obstacle, 31 % des Millennials déclarent manquer de temps pour apprendre et expérimenter l’IA, soit deux fois plus que la Gen Z (16 %).
À l’inverse, 60 % des Gen Z ont bénéficié d’au moins une formation structurée à l’IA (contre 48 % des Millennials), et la moitié (50 %) dispose de KPI clairs sur l’usage attendu de l’IA dans leur poste (contre 43 %).
Enfin, cet accompagnement passe également par les outils. Les Gen Z citent plus souvent le matériel parmi les freins à une utilisation efficace de l’IA. 21 % souhaitent des équipements pour utiliser l’IA en mobilité (contre 17 % des Millennials), 17 % du matériel vidéo pour leurs réunions (contre 12 %) et 13 % un casque ou un micro fiable pour une IA mains libres (contre 9 %).
La Gen Z, plus optimiste, mais pas insouciante
La Gen Z aborde l’IA avec une confiance qui se distingue de celle de leurs aînés : 57 % se déclarent optimistes pour leur carrière à l’ère de l’IA, contre 50 % des Millennials et 48 % de la Gen X. Surtout, 51 % d’entre eux pensent que l’IA pourra accomplir 50 % ou plus de leurs tâches d’ici 12 à 24 mois, sans que cette perspective n’ébranle leur optimisme.
La Gen Z est aussi plus polarisée. Si 3 1% s’attendent à travailler davantage avec l’IA dans 12 mois, ils sont tout de même 15 % (soit 10 points de plus que les millenials) à penser qu’ils feront moins usage de l’IA à l’avenir. Ces chiffres sont d’autant plus étonnants que 39 % des Millenials et 45 % de la Gen X estiment qu’ils travailleront plus avec l’IA dans les 12 prochains mois. De plus, les plus jeunes ont le sentiment que cette technologie les a coupés humainement puisque 20 % estiment que l’IA a réduit leur lien avec leurs collègues, contre 16 % des Millenials. D’ailleurs, 9 % d’entre eux se sentent seuls au travail contre 5 % des Millenials.

