89 % des institutions financières ont signalé une augmentation annuelle des attaques utilisant l’IA

Les cybercriminels utilisent désormais l’IA non seulement pour mener des attaques, mais aussi pour perturber activement les équipes de sécurité lors des interventions en cas d’incident, constate TrendAI. Le braquage des banques s’industrialise. 

Début juillet, le Conseil de supervision de la BCE avait adressé une lettre aux 110 banques qu’il supervise directement, estimant que les derniers modèles d’IA représentent « une évolution durable du paysage des menaces plutôt qu’un phénomène temporaire ». Aujourd’hui, le rapport « The Modern Bank Heist » de TrendAI, basé sur une enquête menée auprès de 48 CISO d’institutions financières du monde entier, confirme la tendance. Ses conclusions sont claires : les cybercriminels ne se contentent plus de voler des données ; ils perturbent activement les défenses pendant les attaques en cours et exploitent l’IA pour accroître la rapidité, l’ampleur et la sophistication de leurs attaques.

89 % des organisations ont signalé une augmentation annuelle des attaques utilisant l’IA, tandis que 67 % ont subi des tactiques de « contre-intervention », où les attaquants interfèrent avec les équipes de sécurité pendant les enquêtes en cours. 41 % des répondants évoquent des cyberattaques destructrices au cours de l’année écoulée…

Les règles traditionnelles de la cyberdéfense ne sont plus applicables

Dans le détail, l’étude révèle que 55 % des institutions ont constaté une augmentation des attaques ciblant les API, tandis que 46 % ont signalé des tentatives de vol d’informations confidentielles sur le marché et de stratégies d’investissement.

« Le constat le plus préoccupant n’est pas simplement la hausse des attaques utilisant l’IA. C’est que les attaquants perturbent activement les systèmes de défense pendant le déroulement des incidents, commente Tom Kellermann, VP of AI Security and Threat Research, TrendAI. Lorsque les adversaires peuvent interférer avec votre réponse et exécuter l’attaque eux-mêmes, les règles traditionnelles de la cyberdéfense ne sont plus applicables. »

Selon le rapport, les cybercriminels déploient de plus en plus de systèmes d’IA autonomes capables d’automatiser simultanément plusieurs étapes d’une attaque, du phishing et de la fraude à l’exploitation et à la persistance. Les chercheurs soulignent également l‘utilisation croissante de la stéganographie, technique qui consiste à dissimuler des commandes malveillantes dans des images apparemment inoffensives, permettant ainsi aux logiciels malveillants d’échapper aux méthodes de détection traditionnelles.

Priorité aux stratégies de cybersécurité proactives

TrendAI a constaté que les RAT (Remote Access Trojans) disponibles sur le marché deviennent de plus en plus sophistiqués, conférant aux groupes cybercriminels des capacités autrefois principalement associées aux États. L’éditeur nomme cinq RAT particulièrement observés (Remcos, AsyncRAT, XenoRAT/MoonPeak, BananaRAT, XWorm) et identifie trois groupes cybercriminels actifs sur ce périmètre : FIN7, Void Balaur et Lazarus, ce dernier étant associé à environ 2,02 milliards USD de cryptoactifs dérobés en 2025 selon les chiffres cités dans l’infographie du rapport.

« Adoptez des stratégies de cybersécurité proactives s’appuyant sur la détection par IA, le renseignement sur les menaces, le correctif virtuel, la détection et la réponse gérées, ainsi qu’un leadership fort en matière de cyber-résilience au niveau de la direction, conseille Tom Kellermann. Et développez des opérations de sécurité basées sur l’IA, capables de réagir aux menaces à la vitesse de la machine. »

Face à l’industrialisation de l’adoption de l’IA par les organisations cybercriminelles, il s’agira pour certaines institutions de repenser leurs modèles de sécurité traditionnels, suggère TrendAI. Et de s’orienter vers des stratégies de défense continues, fondées sur le renseignement, afin de préserver leur résilience opérationnelle et la confiance de leurs clients.