Avec l’IA, les fraudes se diversifient, les outils se démocratisent… et la crainte d’être détecté diminue

Un marché de la fraude qui se professionnalise, des IA génératives généralistes qui promettent des gains de productivité importants… Le faux n’a jamais été aussi proche du vrai. Finovox aide ses clients à éviter les pièges.

Question : votre entreprise serait-elle prête à confier les données sensibles de ses clients à des IA généralistes opérées par des acteurs étrangers ?

Aujourd’hui, en effet, des ChatGPT, Claude ou Gemini, sont capables d’analyser automatiquement des documents sensibles afin de faciliter la constitution de dossiers de conformité, notamment dans le cadre des processus KYC (Know Your Customer) : pièces d’identité, justificatifs de domicile, contrats, statuts d’entreprise, documents financiers… En même temps, aux mains de fraudeurs, ces mêmes IA génératives généralistes sont de précieux outils pour créer des faux !

« Si ces nouvelles fonctionnalités promettent des gains de productivité importants pour les entreprises, elles soulèvent de nombreuses questions en matière de confidentialité, de gouvernance des données et d’authenticité documentaire, enchaîne Marc de Beaucorps, co-founder & CEO, Finovox. En effet, comment ces documents sont-ils traités une fois transmis ? Quelles garanties existent pour protéger ces données ? Et, surtout, comment s’assurer que les documents analysés sont authentiques et n’ont pas été manipulés avant d’être intégrés à un dossier de conformité ? 

Le rapport au risque des fraudeurs a changé

Dans une récente étude, Finovox a montré comment l’IA générative et la dématérialisation des échanges ressortent comme les deux facteurs les plus fortement associés à l’évolution de la fraude. « Cette hausse, comme le note Marc de Beaucorps, s’accompagne d’une banalisation du passage à l’acte. Photoshop, Word, Canva ou encore les éditeurs PDF en ligne sont aujourd’hui accessibles, souvent gratuits ; ils permettent de produire facilement des documents falsifiés, visuellement convaincants, sans compétences techniques particulières… »

La transformation la plus importante concerne le rapport au risque des fraudeurs, qui a profondément changé de nature entre 2024 et 2026. En 2024, 69 % d’entre eux déclarent ne pas connaître les conséquences légales de leurs actes. En 2026, 64 % fraudent en pleine conscience, sans crainte. Et 65 % se disent prêts à recommencer, contre 3 % deux ans plus tôt… « Nous sommes passés d’ignorance à une indifférence assumée ! »

De même, les fraudes se diversifient, les outils se démocratisent et la crainte d’être détecté diminue. Aux IA généralistes, le français Finovox -présent au Luxembourg au sein de l’incubateur Le Village by CA – oppose sa propre IA, spécialisée dans la vérification de l’authenticité des documents et la détection de la fraude documentaire, aujourd’hui opérationnelle dans une centaine d’entreprises chez 70 clients.

Les fraudes deviennent plus crédibles

« L‚essor de l’IA dans les processus documentaires est indéniable. Mais elle doit s’accompagner d’une réflexion sur la protection des données et la fiabilité des documents analysés, insiste Marc de Beaucorps. Nous allons plus loin, en travaillant sur la cohérence des documents. En analysant aussi le contenant. Et la structure. »

De fait, les fraudes deviennent plus crédibles, indétectables à l’œil nu, avec l’usage des outils de génération d’images et de documents par l’IA. C’est pourquoi, aussi, Finovox a intégré l’analyse de l’empreinte numérique des documents dans sa solution, afin de détecter la fraude récidiviste.

Pour lutter contre les documents, pièces justificatives et attestations falsifiées, Finovox s’appuie sur une technologie reposant sur des modèles entraînés à partir de données documentaires anonymisées et de schémas de fraude historiques, dont elle apprend en permanence pour s’améliorer.

La force de Finovox tient aussi à la mutualisation, tout en respectant les règles du GDPR. « Plus on est intégré dans les flux des banques, assurances ou organismes publics, plus on apprend, et plus le système devient robuste ! »

La fraude se professionnalise

La solution est en outre pensée pour être intégrée directement aux outils des clients via des API, afin de faciliter la détection des fraudes. Plus de 100 millions EUR de pertes auraient ainsi été évités par les clients.

En phase d’onboarding et de KYC, Finovox permet ainsi de vérifier chaque document en temps réel (passeport, carte d’identité, permis de conduire) afin d’éliminer les faux dès l’entrée en relation. En matière d’indemnisation, elle bloque automatiquement les factures, devis et justificatifs falsifiés, pour éviter les paiements indus, tout en accélérant le traitement des sinistres. Enfin, dans le domaine du financement, elle sécurise les décaissements de crédits en contrôlant la validité des bilans, bulletins de salaire ou RIB avant tout versement.

Le développement est continu, il occupe une bonne moitié des 45 collaborateurs de l’entreprise -qui a bouclé une levée de fonds en Série A de 8,2 millions EUR menée par TX Venture en juin dernier. « La fraude se professionnalise, constate Marc de Beaucorps, alors que hier, elle était l’affaire d’opportunistes. J’y vois une similitude avec la cybersécurité. Des acteurs vendent leurs méthodes, leurs outils. Certains vont jusqu’à former. Et tous, bien sûr, exploitent l’ultra-performance de l’IA ! C’est pourquoi nous nous perfectionnons sur la technologie et plus encore sur les métiers de nos clients. »