Selon 83 % des CEO, le succès de l’IA dépend davantage de l’adhésion des utilisateurs que de la technologie elle-même

L’accélération du développement de l’IA pousse les CEO à repenser la structure des rôles de la direction afin d’optimiser l’impact commercial à l’échelle de l’entreprise, constate IBM. Quel est encore le rôle du CIO ?

« Le rôle du CEO a toujours été de piloter en période de rupture, mais qu’en est-il maintenant que l’IA  modifie la vitesse et les conséquences du leadership », questionne Gary Cohn, Vice-Chairman IBM.

Et de poursuivre : « Les entreprises performantes adopteront une approche IA prioritaire, non pas comme une simple couche technologique, mais comme un nouveau modèle opérationnel. Les cycles de décision se raccourciront. Les frontières entre les fonctions s’estomperont. L’avantage concurrentiel reviendra à ceux qui sauront apprendre, s’adapter et exécuter plus rapidement que leurs rivaux. »

L’étude « Rewiring the C-suite: The fast track to 2030 » menée auprès de 2 000 CEO à travers le monde, montre qu’à mesure que l’IA se généralise en entreprise, les CEO sont soumis à une pression croissante pour repenser le fonctionnement des équipes dirigeantes, les processus décisionnels et la structure organisationnelle.

Repenser l’organisation

Ainsi, 76 % des organisations interrogées disposeront d’un directeur de l’IA (CAIO) en 2026, contre seulement 26 % en 2025. L’analyse révèle que les organisations ayant intégré l’IA dès la conception de leur direction ont déployé 10 % d’initiatives d’IA de plus à l’échelle de l’entreprise que leurs concurrentes.

Mais il y a plus important. Comme le constate Mohamad Ali, SVP & Head of IBM Consulting, « les CEO qui obtiennent des résultats concrets grâce à la transformation par l’IA ne se contentent pas de déployer l’IA plus rapidement ; ils repensent leur organisation pour réunir les meilleurs talents et les meilleures technologies ! »

De nouveaux défis exigent un leadership différent

85 % des répondants estiment que tous les responsables fonctionnels doivent devenir des experts technologiques dans leur domaine, ce qui indique que la responsabilité en matière d’IA s’étend au-delà des rôles spécialisés.

À mesure que les CEO s’orientent vers des décisions pilotées par l’IA, la gouvernance et les contrôles deviennent plus essentiels. 79 % des dirigeants interrogés confirment qu’ils décentralisent la prise de décision et répartissent les responsabilités à mesure que l’IA joue un rôle plus important à l’échelle de l’entreprise. Les entreprises misent sur le potentiel humain pour assurer le succès de l’IA.

Plus intéressant : 83 % des CEO interrogés affirment que le succès de l’IA dépend davantage de l’adhésion des utilisateurs que de la technologie elle-même. De là, cette interrogation : quel sera, demain, le rôle du CIO ?

Plus vite que les équipes IT

Une mise à l’écart ? IBM ne le dit pas explicitement. Mais pointe quelques indices. Ainsi, l’étude montre que 70 % des répondants estiment que les technologies sont désormais déployées dans l’entreprise plus rapidement que les équipes IT ne peuvent les suivre…

« Pour les CIO et les CTO, le défi consiste désormais à faire monter en puissance des systèmes IA qui fonctionnent en continu et de manière autonome, souvent dans le cadre de modèles de gouvernance et d’architectures conçus pour un environnement beaucoup plus lent et prévisible », résume Matt Lyteson, Global AI Transformation Executive & Enterprise Innovation Leader, IBM.