SUSE ne sonne pas la fin du cloud public, mais en montre les limites dans une étude inédite conduite auprès de 596 décideurs IT dans le monde. À mesure que l’IA accroît la complexité des systèmes et l’exposition aux risques, les priorités se tournent vers des déploiements évolutifs et gouvernés.
« L’ère du ‘public cloud first’ évolue vers une approche plus intentionnelle, plus encadrée, assure Margaret Dawson, Marketing Director, SUSE. L’IA accroît la complexité et les risques des systèmes et, en conséquence, les dirigeants repensent l’architecture de leurs environnements en fonction du contrôle et de la conformité. Il est également clair que la souveraineté numérique n’est pas un enjeu exclusivement européen, mais une préoccupation mondiale, y compris aux États-Unis, où la protection et le contrôle des données demeurent primordiaux. »
59 % des organisations prévoient de privilégier les déploiements de cloud hybride pour les charges de travail exigeant la souveraineté numérique, tandis que 16 % s’appuient exclusivement sur le cloud privé.
La souveraineté numérique est non-négociable
Ce désintérêt pour le cloud public s’inscrit dans un mouvement plus large du secteur. L’éditeur basé à Luxembourg observe notamment le développement d’infrastructures d’IA privées, dont le taux d’adoption devrait atteindre 20 % cette année selon Forrester, parallèlement à la croissance des serveurs sur site pour la gestion des coûts de calcul locaux, des performances et des exigences de gouvernance des données.
L’étude montre aussi que la souveraineté numérique est non négociable. 39 % des entreprises américaines se disent soucieuses de réduire leur dépendance vis-à-vis des fournisseurs, un pourcentage plus élevé que dans tout autre pays et supérieur à la moyenne mondiale de 25 %.
Si la mise en œuvre de l’IA est la priorité budgétaire numéro un, la résilience informatique demeure la priorité technologique la plus importante pour 64 % des dirigeants américains.
Une défiance croissante envers les architectures mono-fournisseur
Ces données confirment que le marché privilégie les déploiements évolutifs et gouvernés, permettant des performances de calcul locales et une sécurité des données optimale, sans dépendance vis-à-vis d’un fournisseur. Par ailleurs, si l’IA stimule l’innovation, elle ne peut pas fonctionner en vase clos. « L’IA doit être une composante ouverte, résiliente et souveraine de votre développement applicatif et de votre infrastructure », affirme Margaret Dawson.
Selon SUSE, la résurgence de l’open source en est le corollaire direct : 46 % des répondants augmentent leurs investissements dans le support « enterprise » de l’open source, signe que la maîtrise du stack technique redevient une priorité stratégique face à la dépendance aux hyperscalers. On l’a compris, ce mouvement traduit une défiance croissante envers les architectures mono-fournisseur et un retour à l’interopérabilité comme critère de choix.


