Etape majeure pour le cloud de confiance d’Orange et de Capgemini

Bleu avance bien. Premiers services disponibles dès 2025, une soixantaine de clients à ce jour -essentiellement des organisations qui opèrent dans des secteurs sensibles. Et, aujourd’hui, une montée en puissance significative avec 100 services Azure et Microsoft.  

Français, mais à vocation européenne, Bleu vise plus haut que les standards en matière de souveraineté. L’opérateur, issu d’un partenariat entre Orange et Capgemini, poursuit ainsi son processus de qualification SecNumCloud auprès de l’ANSSI. Les audits sont en cours pour les services Microsoft Azure, avec un objectif de qualification d’ici la fin de l’année 2026 ; la qualification des services Microsoft 365 est prévue pour le premier semestre 2027.

Plus tôt, en septembre, Bleu avait obtenu les certifications ISO/IEC 27001 et HDS V2 (Hébergeur de Données de Santé V2). La certification ISO/IEC 27001 en particulier comporte des exigences de sécurité de l’information également prises en compte dans le cadre du processus de qualification SecNumCloud 3.2 dans lequel Bleu est engagée pour ses services IaaS, PaaS et CaaS.

SecNumCloud, protection maximale

En France, la qualification SecNumCloud est le repère des offres cloud « de confiance » dont l’utilisation est préconisée pour la protection des données sensibles, notamment face à la menace cybercriminelle et à l’application de lois extraterritoriales.

Bleu résume lui-même l’exigence juridique du référentiel par « l’application exclusive du droit européen ». C’est précisément l’enjeu que le RGPD traite à l’article 48 : une décision d’une juridiction ou d’une autorité d’un pays tiers qui exige la divulgation de données personnelles ne peut être reconnue ou rendue exécutoire que si elle est fondée sur un accord international, sans préjudice des autres motifs de transfert prévus au chapitre V.

L’idée est de se protéger un maximum. Et donc d’entrevoir toutes les éventualités. L’une d’elles serait un « kill switch ». Dans ce souci de sécurité, Blue s’est rapproché de l’allemand Delos, filiale de SAP. Objectif : maintenir la continuité de service des deux plateformes en cas de scénarios critiques, notamment lors d’un arrêt des mises à jour logicielles. Et de proposer ce « corridor de cloud » binational comme une alternative européenne aux offres d’IA issues de pays tiers.

Le signal attendu

En attendant, la GA (General Availability) des 100 services Azure et Microsoft 365 marque le véritable coup d’envoi commercial de Bleu.

Si les premiers jalons techniques se concentraient uniquement sur les couches d’infrastructure de base (IaaS comme le compute et le stockage), le statut de GA signifie contractuellement que les services bénéficient de garanties de SLA clairs, d’un support technique officiel et d’une stabilité éprouvée pour accueillir des environnements de production critiques.

C’est aussi le signal attendu par les grandes entreprises privées réglementées et les services publics pour enclencher concrètement leurs plans de bascule.