: de la transformation digitale à l’ère cognitive

par | Déc 8, 2017 | Business | 0 commentaires

La transformation digitale fait entrer les entreprises dans l’ère cognitive. Explications de Eric de Saqui de Sannes, CEO, Sogeti Belgium & Luxembourg.

° La transformation digitale est-elle encore d’actualité maintenant que l’ère cognitive, au départ de l’intelligence artificielle, bouleverse nos modes de fonctionnement ?

La révolution cognitive est en marche ! L’entreprise ne manipule plus seulement des produits ou des services, mais des flux de données et d’informations auxquels on donne du sens. L’approche cognitive sait analyser, prédire et change le sens des décisions. Elle sait agir rapidement et réduire les erreurs par l’automatisation et l’intelligence artificielle; elle sait aussi sécuriser les transactions et renforcer l’intégrité des données.

En ce sens, la transformation digitale constitue une série d’étapes pour entrer dans l’ère cognitive. De nouveaux talents dans l’entreprise en sont les acteurs; ils ne résonnent plus seulement en termes de technologies ou de business, mais combinent l’ensemble des processus et des fonctions, apportant une nouvelle perception.

° Sur quels piliers repose cette ère cognitive ?

Le futur cognitif s’appuie principalement sur l’intelligence artificielle, le et la cybersécurité… Je suis certain que les applications intelligentes qui vont exploiter l’informatique cognitive vont profondément modifier les usages des consommateurs ou la façon dont les employés vont travailler.

Globalement, ces nouvelles applications intelligentes vont être en capacité de déployer des solutions ou des services ayant recours massivement aux prédictions (achats, marché, marketing, etc.), aux recommandations ou encore à l’assistance intelligente. Nous mêmes, chez Sogeti, nous expérimentons actuellement un chatbot au bénéfice des clients de notre SCD (Service Delivery Center), qui fonctionne en continu, en cinq langues. Une activité comme le password reset, par exemple, peut fort bien être automatisée… Si ce projet -initié en - est une vitrine pour le groupe, il permet avant tout à nos clients de se rendre compte du potentiel que l’on peut tirer de l’intelligence artificielle. Nous travaillons aussi sur l’intégration de cette même intelligence artificielle dans nos services de tests.

L’intelligence artificielle va transformer tous les secteurs de l’industrie, ainsi que le quotidien de tous les utilisateurs. Ces nouveaux systèmes cognitifs qui comprennent, réagissent, apprennent et offrent de nombreux services sont aujourd’hui possibles grâce au cloud. L’intelligence artificielle transforme les opérations, mobilise le client, génère de nouvelles idées et augmente les revenus. Elle peut être vue comme la nouvelle électricité, alors que les données sont la nouvelle essence !

° Vous insistez sur l’importance du cloud. Pourquoi ?

Comme la cybersécurité, le cloud est un des blocs de construction clés. Les entreprises se tournent désormais vers le ‘everything-as-a-service’. La demande en matière de services IaaS, PaaS et SaaS n’a jamais été aussi forte. Nos clients profitent souvent d’un projet de changement d’infrastructure pour reconsidérer leur approche de la consommation de ressource informatique. La plupart viennent au cloud via un modèle privé, pour ensuite privilégier un modèle hybride -liant privé et public. Si, hier encore, des offres telles que celles de et Azure suscitaient une certaine méfiance, ce n’est plus le cas. SAP, par exemple, héberge S/4HANA dans Azure ! C’est un signe qui ne trompe pas !

° Cette évolution suppose-t-elle une transformation des applications ?

Il s’agit aussi de tenir compte des applications ‘born-in-the-cloud’; elles devraient représenter 30% des nouvelles applications d’ici 2020. Cloud natives, elles sont intrinsèquement liées à la mobilité, à l’expérience utilisateur et à la géo-distribution des utilisateurs sur des zones géographiques très étendues. Désormais, les applications ne peuvent plus être liées à la localisation physique d’un data center; elles nécessitent l’utilisation de protocoles objet (REST, JavaScript, JSON) qui permettent de s’affranchir de ces contraintes de localisation.

Les applications doivent être disponibles en permanence, quels que soient les fuseaux horaires. Elles doivent également réagir plus rapidement au contexte concurrentiel, offrir fréquemment de nouveaux services et s’adapter continuellement aux nouveaux usages. L’arrêt de l’application pour modification ou mise à jour n’était plus possible sous la forme habituelle. L’infrastructure se banalise en perdant une partie des prérogatives qu’elle détenait avec les applications traditionnelles. La résilience par exemple était portée par l’infrastructure pour les applications du data center. Ce sont à présent les nouvelles applications qui portent la résilience.

° Avec cette génération d’applications, peut-on dire que l’infrastructure devient de plus en plus transparente pour devenir ‘infrastructure-as-a-code’ ?

L’infrastructure est définie directement par l’application et consommée dans le cloud sans contrainte géographique. En banalisant d’une certaine façon les infrastructures, les applications cloud-natives en ont réduit le coût et permis de prendre en compte de manière économique les données massives générées sur les réseaux.

Du coup, on comprend mieux l’intérêt porté aux méthodes d’intégration continue ou de DevOps, qui amène l’agilité au niveau de la production. Il existe aujourd’hui un réel engouement pour le DevOps et les pratiques agiles. Dans leur grande majorité, nos clients considèrent ces pratiques comme essentielles à la réussite de leur transformation, conscients que ce n’est qu’à travers la combinaison des deux qu’ils pourront atteindre leurs objectifs. Selon Gartner, le DevOps était la deuxième priorité du CIO en 2017 !

° Concrètement, que représente Agile et DevOps en termes de mise en oeuvre ?

La première étape consiste à évaluer la volonté de l’organisation de passer à ces nouvelles façons de travailler. En s’appuyant sur notre structure Capgemini Consulting et sur des frameworks matures, nous étudions les composants d’organisation, d’architecture et d’outillage.

Nous pilotons également de plus en plus de projets avec Agile et DevOps en tant que méthodologies clés, notamment dans le cloud, pour prendre en charge, déplacer et déployer des applications et des capacités d’infrastructure.

Ces méthodes appellent de nouvelles compétences. Je ne parle pas ici de compétences techniques, mais davantage humaines, comme la communication, la pensée critique et le travail d’équipe. Penser la rupture digitale de nos entreprises et son évolution cognitive, c’est savoir harmoniser vitesse, innovation et efficacité collective; c’est pouvoir concilier performance économique et environnement organisationnel; c’est vouloir mobiliser les valeurs d’engagement, de coopération et de confiance !

° On est loin de la technologie !

De fait. Dans l’optique Agile, par exemple, l’équipe est bien plus importante que les outils -structurants ou de contrôle- ou les procédures de fonctionnement; il est préférable d’avoir une équipe soudée et qui communique plutôt qu’une équipe composée d’experts fonctionnant chacun de manière isolée. Pour concevoir, mettre en œuvre et exploiter de nouvelles technologies tout en tirant parti de nouvelles méthodologies, c’est la capacité à apprendre qui domine, également la sociabilité.

° C’est là une dimension nouvelle en termes de ressources. Engagez-vous différemment, privilégiez-vous d’autres profils ?

Cette année, nous aurons recruté plus de 300 nouveaux collaborateurs ! Pour nous, leur curiosité et leur passion pour l’apprentissage sont un must. Priorité aux soft skills !

Nous avons également créé à Bruxelles un nouvel espace de travail très ouvert, véritablement collaboratif; en 2018, nous ferons de même dans notre bureau de Luxembourg. Nous avons également lancé les Sogeti Café, une initiative trimestrielle pour développer la communication, la rendre plus interactive, en tirant notamment parti d’une application pour des sessions Q/A en toute transparence. Enfin, nous encourageons nos équipes à tirer parti de l’ensemble de l’écosystème du groupe, plus particulièrement de nos incroyables capacités offshore. Pour Sogeti, ce sont là des étapes nécessaires pour réellement concrétiser l’ère cognitive.

Nous vivons une vraie révolution. Avec l’informatique traditionnelle, on débutait avec les processus et la logique; on développait ensuite le code, pour finalement y injecter des données. Avec la transformation digitale, la logique et les processus sont en perpétuel changement. Et dans une démarche cognitive, on démarre avec les données pour arriver à la bonne logique. Les applications cognitives sont conçues pour apprendre des humains.

 

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