Pourquoi nous sentons-nous menacés par les start-ups digitales ?

par | Déc 7, 2016 | Expérience | 0 commentaires

Peur de l’avenir. Et, en même temps, prise de conscience qu’il faut faire face au changement. , Country Manager BeLux, EMC, analyse ces paradoxes.

 

° 78% des entreprises considèrent les start-ups digitales comme une menace actuelle ou future, rapporte Dell Technologies dans une qui fait grand bruit. C’est impressionnant. Qu’en est-il en et au Luxembourg ?

«Ce pourcentage ne m’étonne nullement. Partout, j’entends les mêmes discussions, partout et dans toutes les industries je ressens la même appréhension : qu’en ira-t-il de mon entreprise d’ici trois à cinq ans… Il en va de même dans les entreprises publiques et les administrations : l’impunité d’hier n’est plus qu’un lointain souvenir ! Concrètement, la demande porte sur la façon d’innover à travers la technologie : comment automatiser, comment orchestrer, l’objectif étant de gagner du temps et de l’énergie pour éviter de rater le train. La perception des technologies change. Et elle change vite. Ainsi, le est vu comme un moyen d’accélérer la transition vers le digital, alors que hier on l’envisageait pour contenir les coûts…»

° L’innovation est nécessaire. Comment la voyez-vous ?

«Je vois l’innovation sous deux formes : l’innovation d’accélération et l’innovation de disruption. La première consiste à employer un modèle existant et à améliorer la performance, la compétitivité et l’expérience client. La deuxième est celle de la disruption. L’acteur, comme Instagram dans l’échange de photos, crée un service qui n’avait jamais été imaginé précédemment. Non sans conséquences. Avec Netflix, par exemple, le marché de la vidéo a disparu. Mais pas seulement, les chaînes de télévision ont dû, aussi, s’adapter. Demain, pourtant, Amazon pourrait balayer Netflix. Le disrupteur sera, alors, disrupté… De toute évidence, on entre dans un cycle continu d’innovation, qui signe la fin des modèles de business établis. Aucune entreprise n’y échappera : la remise en question sera permanente. Quant à la réponse, elle passe par la technologie.»

° Les entreprises technologiques sont donc tout autant menacées…

«Aucune entreprise ne peut prétendre échapper à cette tendance. Quand je suis arrivé chez EMC en 2000, 85% de nos revenus provenaient du hardware; aujourd’hui 60% de nos revenus proviennent du software… L’important est de pouvoir innover. Quitte, parfois, à développer d’autres activités. EMC doit beaucoup à VMware, également à Pivotal. Beaucoup se sont interrogés sur notre ambition avec Pivotal. N’allions-nous pas nous perdre en investissant dans une entreprise qui ambitionnait de révolutionner la méthode de développement des logiciels ? Non ! Nous avons tout simplement innové. Et, par là, renforcé notre position de premier acteur de la transformation digitale !

«C’est vrai pour toutes les industries. Moia, par exemple, aura la lourde charge d’installer Volkswagen dans la compétition du car-sharing et autres plateformes de mise en relation entre chauffeurs et particuliers du typer Uber… Plus près de nous, Proximus expérimente de nouvelles pistes via EnCo. Enabling Company vise à devenir le leader de l’expérience mobile, ce qui passera par de nouveaux business models.»

° Quels sont nos chances de réussite ? Sommes-nous prêts à relever ce défi permanent ?

«Oui. Nous avons toutes nos chances en Europe, y compris en Belgique et au Luxembourg. Nous sommes plus ouverts, plus tournés vers l’innovation, prêts à réinventer continuellement des business models. Comparativement, la Chine l’est beaucoup moins, idem pour le Japon.»

° L’importance accordée à l’innovation profitera-t-elle à l’IT ?

«Incontestablement. L’IT devient le centre du business ! Parmi les entreprises que je visite, je ressens le besoin de se réapproprier l’IT, devenue trop critique que pour être externalisée. Pour preuve, l’offshore est en perte de vitesse, le nearshore aussi. On revient au développement interne, à tout le moins avec des partenaires proches.

«D’ici peu, le développement des logiciels sera au cœur de l’expertise de la grande majorité des entreprises. Une large part de ces entreprises seront récentes; les autres -celles qui n’ont pas écrit une ligne de code depuis vingt ans- n’auront d’autre choix que de les imiter. Les dirigeants sont de plus en plus nombreux à le percevoir. C’est pourquoi ils craignent la concurrence des start-ups digitales. Mais la peur n’évite pas le danger, c’est pourquoi la transformation digitale devient une question de survie.»

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Peur de l'avenir. Et, en même temps, prise de conscience qu'il faut faire face au changement. Arnaud Bacros, Country Manager BeLux, EMC, analyse ces paradoxes.
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