Transfert des dépenses d’acquisition vers les frais de fonctionnementVendredi 18 Avril 2008
D’ici à 2010, les coûts d’alimentation et de refroidissements des serveurs vont atteindre les deux-tiers du coût total de leur acquisition, prédit Philippe Nicolet, d’APC-MGE.
A écouter les constructeurs, tout va bien: on est en train de réduire sensiblement la consommation énergétique des serveurs et des postes de travail. Bien peu, en revanche, évoquent le refroidissement. Simple oubli?
«Je pense plutôt que les constructeurs sont victimes de leurs propres avancées technologiques! Là où, il y a cinq ans, on ne pouvait -pour des raisons d’espace- ne mettre que 5 serveurs consommant un total de 1 KW, on peut aujourd’hui y loger 40 «blades» consommant un total de 20 KW. Or, lorsque qu’on consomme 1 KW d’énergie électrique, on génère un besoin immédiat de refroidir l’équivalent d’1 KW de chaleur, sans quoi la salle informatique surchauffe avec le risque d’endommager de manière irrémédiable les équipements. Les constructeurs sont enfermés dans leur course à la puissance!»
On a l’impression que c’est une course sans fin...
«IDC estime qu’en 1996, il y avait à peine plus de 5 millions de serveurs en utilisation au niveau mondial. On devrait frôler les 45 millions d’unités installées d’ici à 2010… En même temps, la demande de puissance de calcul n’a cessé d’augmenter: plus de données, plus de calculs en temps réel, etc. Jusqu’alors, l’accroissement de la puissance a été obtenu moyennant un accroissement parallèle des dépenses énergétiques. Dans le même temps, le prix de plus en plus élevé des surfaces et le besoin de rassembler les ressources dans des infrastructures de plus en plus sécurisées ont conduit à augmenter, non pas les surfaces occupées par les machines, mais leur densité. Aujourd’hui, la densité et la puissance des machines se sont tellement accrues qu’il est désormais presque impossible de remplir des baies en totalité tant il est difficile de les alimenter en énergie… et de les refroidir efficacement!»
En même temps, le prix des serveurs n’a fait que baisser. De là, le sentiment de pouvoir participer à la course à la puissance sans surcoût...
«De fait. En 1996, le prix moyen d’un serveur oscillait autour des 35.000 USD; en 2010, prévoit IDC, il devrait être aux alentours des 5.000 USD.En revanche, le coût de l’énergie n’a fait que croître au f l du temps. Aujourd’hui, on estime que les coûts liés à l’alimentation électrique et au refroidisse¬ment des serveurs croissent à un taux huit fois supérieur à celui des investissements en nouveaux serveurs… et qu’ils vont atteindre les deux-tiers du coût total de l’acquisition des serveurs d’ici 2010 -alors qu’ils n’étaient que de 10% en 1996! On assiste actuellement à un véritable transfert des dépenses de l’acquisition matérielle vers les frais de fonctionnement.»
Précisément, ce «transfert» est-il pris en compte?
«Les utilisateurs prennent conscience qu’il est temps de réévaluer le modèle économique de leurs salles informatiques et qu’ils doivent, entre autres, trouver des systèmes automatisés pour une meilleure gestion de l’alimentation et du refroidissement de ces serveurs. En 2009, a estimé Gartner, un data center sur deux -construit avant 2002- sera devenu totalement obsolète sur le plan énergétique. Et de démontrer qu’il en coûtera moins cher de le reconstruire que de tenter de le rafraîchir. La question est devenue brûlante!»
N’empêche: l’évolution des coûts énergétiques a été progressive. Pourquoi les entreprises n’ont-elles pas anticipé?
«Le choc est venu avec l’idée de réassigner les coûts. Aujourd’hui, pour la première fois, l’informatique et les services généraux se retrouvent assis à la même table… Et la surprise est grande! Longtemps, trop longtemps, l’informatique a vécu dans sa tour d’ivoire, se contentant de répondre aux attentes en termes de puissance et de capacités exprimés par les utilisateurs. De là, d’ailleurs, des data centers surdimensionnés. Le choc est brutal.» Les quatre règles d’or du programme Efficient Enterprise d’APC-MGE
> Gérer les capacités: une approche de gestionnaire par le biais d’un logiciel qui permet d’optimiser l’administration de l’alimentation et des besoins en refroidissement.
> Coupler la source de chaleur à la climatisation: permettre un meilleur rendement thermique grâce à la réduction au strict minimum du chemin nécessaire à l’air froid pour atteindre les serveurs à refroidir. > Conserver de la puissance pour quand on en a effectivement besoin: les systèmes surdimensionnés gaspillent l’énergie. En ayant un système sur mesure et extensible les utilisateurs, ne payent que pour ce dont ils ont besoin. > Contenir l’air chaud: ne pas laisser l’air chaud se mélanger à l’air froid. Et donc refroidir seulement ce qui a besoin de l’être. Ce système permet de réduire de 50% les coûts d’opération par rapport à une conception classique. Dans la même rubrique :
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Piliers du projet «Branch of Tomorrow» de Dexia, les serveurs HP BladeSystem et les clients légers HP Compaq t5720






