Responsabilités partagées
Plus de la moitié des entreprises ne comptabiliseraient pas les coûts de l’énergie dans leur budget IT. Par méconnaissance.
Deux IBM BladeCenter délivrant une puissance totale de 10 Tflops. Chaque serveur intègre des lames QS22 (processeurs PowerXCell 8i) et HS22 (Intel Nehalem). La chaleur dégagée par les processeurs est conduite par un circuit d’eau vers les bâtiments de l’université de Zurich qui la réutilise pour chauffer ses locaux. C’est Aquasar.
L’eau conduit 4.000 fois mieux la chaleur que l’air, assure IBM. Et un circuit d’eau à 60°C est suffisant pour faire fonctionner un processeur en dessous de la limite de 85°C. Comparé à un système équivalent doté de technologies actuelles de refroidissement, Aquasar permet de réduire la consommation énergétique de 40% et l’empreinte carbone de 85%, soit près de 30 tonnes d’émission de dioxyde carbone en moins par an.
Trop d’énergie pour fonctionner, trop d’énergie pour refroidir… Aujourd’hui, plus de 60% des émissions de CO2 d’une société du secteur tertiaire sont dues aux consommations électriques, 25% aux transports et 10% aux consommations de papier. Or, près de la moitié de cette consommation électrique provient de l’IT à travers l’alimentation des salles serveurs et des postes de travail des utilisateurs. Contribuer à la réduction de ces consommations a donc un impact direct et important sur les émissions de CO2.
Nous sommes tous concernés. Comme on le rappela lors du dernier séminaire du «think tank» Uptime Institute, (connu pour avoir introduit le système de classification des data centers en fonction de leur niveau de fiabilité (Tier I à IV)), le taux de charge de travail moyen des serveurs n’excède pas 20%. Virtualiser pour redimensionner est une solution. Mais elle ne suffit pas. Même avec un taux de charge optimisé, les serveurs ont de nombreuses périodes d’inactivité. On estime que 15% des serveurs travaillent inutilement! Des solutions logicielles existent: Mobius et Veridity, en particulier, permettent d’avoir une vision précise de l’activité des serveurs, de leur consommation électrique et de s’assurer que ceux-ci fournissent bien un travail utile à l’organisation. Et un logiciel comme ComSleep met en veille les serveurs inactifs tout en maintenant leur présence sur le réseau. Les solutions technologiques arrivent!
Si elles ont encore peu de succès, c’est parce que, dans de très nombreuses organisations, le département ICT ne paie pas la consommation électrique de ses installations, laissant le Facility Management régler la facture. Mais cela va changer. Chez Nokia, on entrevoit un CO2K -en référence au Y2K, le bug de l’an 2000- pour évoquer l’ampleur de l’effort que l’industrie des technologies de l’information aura à fournir pour s’adapter à l’arrivée imminente de la législation carbone…
Il va falloir changer, adopter de nouveaux modèles. Beaucoup voient dans le Cloud Computing, en particulier, la possibilité de diversifier ses sources, ne serait-ce que via l’étalement des charges de calcul en provenance d’un grand nombre d’utilisateurs sur plusieurs fuseaux horaires afin d’améliorer le taux d’utilisation du matériel.
C’est une voie. Ce n’est pas la seule. D’ailleurs, l’efficacité énergétique ne résulte pas de la somme d’initiatives locales ou individuelles. A quoi bon, en tant que CIO, s’évertuer à choisir des composants moins énergivores pour ses serveurs si, côté utilisateurs, on continue à réclamer des puissances supplémentaires… souvent disproportionnées par rapport aux besoins? En réalité, les enjeux sont transverses: ils doivent s’inscrire dans une stratégie qui dépasse le domaine de responsabilité des directions ICT.
L’efficacité énergétique doit s’inscrire dans une démarche globale, être portée au delà de la zone d’influence habituelle de la direction ICT. De fait, il ne s’agit pas seulement d’introduire de nouvelles technologies, mais d’aider tout un chacun à modifier ses usages. C’est du change Management.
A l’avenir, les entreprises consacreront autant d’argent à l’énergie qu’à leur infrastructure ICT
° 33% des entreprises placent l’énergie dans le top 3 des coûts ICT les plus élevés, sur base annuelle.
° 53% des entreprises ne tiennent pas compte des coûts de l’énergie lors de l’établissement de leur budget ICT.
° 74% des entreprises n’encouragent pas la réduction des dépenses d’énergie afin d’économiser de l’argent.
(source: Kelton Research / Avanade)
Des outils pour prendre conscience, simuler et choisir
° Un Serious Game pour changer ses habitudes
Eteindre les lumières et son ordinateur, économiser l’eau et le papier… Pour passer d’une sensibilisation environnementale «passive» à l’action responsable, chacun, à son niveau, doit prendre conscience de son empreinte environnementale et de ses impacts sociétaux. A travers une série de serious games sur le thème du développement durable, Sysope sensibiliser et forme. Ludique, l’approche vise à faire prendre conscience à chaque collaborateur de son empreinte et à lui donner les moyens d’agir au quotidien au travers de gestes simples. Le module Greenlife Office, en particulier, sensibilise notamment aux éco-gestes au bureau en utilisant le jeu et le défi comme moteurs de la motivation collective.
www.sysope.fr
° Un progiciel pour gérer l’environnement
Automatiser son reporting environnemental. Unit4, bien connu dans le domaine des progiciels de gestion, s’engage sur le terrain de l’EPM (Environmental Performance Management). Sustain4 s’appuie sur un modèle et une base de données pour évaluer en temps réel les impacts d’une entreprise sur l’environnement et les comparer aux données statistiques disponibles. Sustain4 référence plus de 700 catégories d’impacts environnementaux à partir desquels l’entreprise peut évaluer son empreinte. Le logiciel étant basé sur un modèle collaboratif, les utilisateurs peuvent ainsi se comparer à d’autres sociétés de leur secteur.
www.unit4.com
° Améliorer la performance environnementale en mode SaaS
Gestion des émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre, mais aussi suivi des consommations d’eau, de la production et de la valorisation des déchets, sans compter la gestion de toutes les formes d’énergie. Le logiciel est disponible en mode SaaS. Pour l’éditeur, l’énergie doit être considérée comme un véritable actif de l’entreprise. ENXSuite permet également de suivre les actions de compensation volontaire des émissions carbone, de définir des facteurs d’émission propres à l’entreprise et de réaliser diverses simulations, comme par exemple l’impact d’une évolution des prix des combustibles et de l’énergie.
www.enxsuite.com
° Simuler les avantages d’une téléprésence
Se déplacer ou privilégier la téléprésence? Sur son site, Polycom propose un outil de simulation permettant d’obtenir un rapide aperçu du coût économique, de la perte de temps et des émissions induites par vos déplacements physiques pour se rendre aux réunions. Après avoir indiqué le scénario de déplacement annuel –par exemple 10 allers-retours entre Bruxelles et Madrid- l’outil évalue le coût économique annuel des déplacements, le temps nécessaire à ces déplacement (sous entendu perdu)
et des émissions de CO2 induites. Sur cette base et au départ d’une des trois solutions de téléprésence (individuelle, en salle, immersive), l’outil évalue les gains induits par chaque déplacement évité par celles-ci.
www.polycom.com
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