Pour être «green», il est temps de sortir le bout du nez du datacenter!Jeudi 5 Mai 2011
«En matière de Green IT, on est encore dans l’opérationnel, pas dans la stratégie, ni dans la gouvernance», regrette Thierry Holoffe, CEO, Adjugo.
A l’entendre, nos entreprises sont à la peine. Elles envisagent le Green IT en termes d’infrastructures, mais rarement au-delà. Pas de vision, donc. En cause, sans doute le manque de contraintes. Sans réglementation, pas d’obligation! On se contente de parer au plus pressé. Comprenez: agir au niveau du datacenter. N’empêche, tout n’est pas gris au pays vert: il y a des réflexions. Aujourd’hui, nombre d’entreprises songent à relocaliser leur datacenter dans un bâtiment neuf. Ou à l’héberger chez un prestataire spécialisé. «C’est parfois une question de gestion des risques qui conduit au Green IT, constate Thierry Holoffe. Quoiqu’il en soit, ça bouge...» Rebâtir? Si les avis sont partagés, compte tenu des investissements, Adjugo estime qu’une bonne conception peut garantir un retour sur investissement positif avant cinq ans. C’est évidemment une moyenne. Il faut en effet tenir compte de la taille et, plus encore, de la criticité du datacenter. Autre réflexion: délocaliser. Aujourd’hui, c’est le Luxembourg qui suscite l’intérêt: d’importants investissements, en Tier III et Tier IV, tous plus verts que verts. Mais il serait vain de réduire la réflexion au niveau du datacenter. Quid des serveurs? Quid des applications? «Partons des usages, des ressources nécessaires et remontons vers le datacenter. Indirectement, on fera la chasse aux serveurs fantômes. Reconsidérons en même temps le stockage à travers l’archivage: plus de 50% des fichiers sont généralement inutiles! Bref, une véritable cartographie s’impose; elle donnera corps à un projet d’urbanisation.»
Dans son approche, Adjugo distingue encore le «Green for IT» et le «Green by IT». Thierry Holoffe: «Considérer les besoins de l’entreprise -essentiellement en termes d’infrastructure- est une chose, voyons les apports au bénéfice de l’entreprise. Du Home Working au Cloud Computing, on peut aujourd’hui générer des sources d’économie et d’efficacité qui impacteront positivement la croissance...»
Si la démarche Green IT est confinée au datacenter, c’est qu’il manque une approche globale, une stratégie. Sous peu, Adjugo proposera son Green IT SGM (Strategy, Governance and Maturity), un framework définissant les grands domaines d’actions. En clair, tous les éléments à prendre en compte au départ d’une demande business afin d’évaluer l’impact environnemental -positif ou négatif- du projet. A la clé, une série de «quick wins» qui généreront un ROI immédiat, une maîtrise des émissions de CO2 et une anticipation des problèmes ou risques à venir, ce qui renforcera l’image de l’entreprise et la satisfaction des actionnaires. «Aujourd’hui, résume Thierry Holoffe, les décisions sont morcelées, sur base des compétences des différentes directions, alors qu’un projet peut concerner toute l’organisation. Croyez-mo : il est temps de sortir le bout du nez du datacenter. Et se dire que le Green IT n’est pas un problème, mais une solution!» Dans la même rubrique :
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