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Solutions-magazine
 
 




Oracle lâche Itanium. La confiance est rompue!

Vendredi 22 Avril 2011



«Le matériel HP occupe la deuxième position sur le marché Unix, devant les équipements d'Oracle Sun, avec des milliers de clients ayant investi des milliards dans les systèmes HP Integrity fonctionnant avec HP-UX et des logiciels Oracle. La décision d'Oracle d'arrêter ses futurs développements sur la plateforme Itanium coûtera à ces clients des millions en perte de productivité, bloquera une concurrence équitable et étouffera l'innovation dans l'industrie.»

Tout est dit. Le clients HP ne sont pas contents et le font savoir via Connect, leur club d’utilisateurs (52.000 membres), demandant à Oracle de revoir sa position. Arriveront-ils à leurs fins? Les enjeux sont énormes. Pour les clients. Et pour HP. Comme le note Forrester Research, près de la moitié des serveurs HP Superdone (ses serveurs critiques Itanium) sont dévolus aux produits d’Oracle. Par ailleurs, 80% des serveurs UNIX sont équipés de bases de données Oracle. Le repreneur de Sun ne pouvait faire mieux pour «casser» son concurrent HP!

C’est un coup de poker de Larry Ellison. Pour conserver leurs précieuses bases de données, les clients n'auraient d'autre choix que de se rabattre sur les machines Sun, contribuant à relancer leurs ventes... qui, jusqu’ici, ne cessent de fondre. Et certains de voir derrière ce scandale la main de Mark Hurd, le patron évincé de HP passé chez Oracle...

Intel a beau tenter de rassurer le marché en évoquant l’arrivée de Poulson, la version 64 bits octo-core d’Itanium en 2012, rien n’y fait. Le doute s’est installé. Chez HP, on répète qu’ «il n'est pas question pour l'instant de partir sur une architecture x86. Si notre activité le demande, nous ferons cette démarche. Mais à ce point, Intel a une feuille de route solide à laquelle nous pouvons nous fier, dont il n'y a pas besoin de faire ce type de changements. Les clients sont très contents de l'Itanium..».

Des clients très contents, donc. Mais aujourd’hui très mécontents. «Vous n'avez pas à utiliser la coercition pour tenter de faire quitter à vos clients une plateforme robuste et éprouvée», s'emporte un intégrateur. «Obliger les clients à changer de plateforme impactera notre stratégie et nos partenariats. Nous sommes reliés à HP et à Oracle qui sont des partenaires significatifs de notre activité. Que l'un de ces partenaires dicte notre stratégie en matière de plateforme est inimaginable», fulmine un autre.

Dans leur grande majorité, les serveurs équipés d’Itanium supportent des applications critiques, des applications qui ne se changent pas du jour au lendemain. Sur le terrain, Ce sont généralement des applications métiers, rodées depuis des années, sécurisées à force d’affinage et de patchs nécessairement opérationnels. Le fait est que ces applications critiques fonctionnent pratiquement 365 jours par an, et n’ont pas vocation à migrer intégralement sous Linux, ni sur des architectures x86.

Au-delà du coup de poker d’Oracle, cette affaire marque une rupture. Que ce soit dans la finance, l’industrie ou la haute technologie, là où les serveurs font tourner des applications sensibles, la confiance n’est plus.

Alain de Fooz






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