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L’IT Governance serait-elle un mythe, une phobie… ou une réalité?Par La rédaction, le Vendredi 25 Juin 2010
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Si le «succès métier» des projets IT atteignait 85%, le PIB mondial augmenterait de 1 à 3%. L’enjeu de la bonne gouvernance n’est donc pas anodin, assure Altran. Une piste pourrait être de remplacer la notion de «IT» Governance en «I3» Governance -les trois «I» représentant Information, Information Technology et Information Management.
«Il faut que les CEO conçoivent et acceptent qu’ils puissent créer de la valeur ajoutée en exploitant l’information. Notez que je n’ai pas dit ‘informatique’. J’insiste:’’information’
Fred van Leeuwen, Managing Consultant, DCE Consultants (Altran Group)
Le CIO aurait-il tout faux? Pourrions-nous imaginer une entreprise dont quatre équipes de vente sur cinq n’atteignent pas leurs objectifs commerciaux ou dont quatre produits sur cinq présentent des défauts qui les rendent dangereux? Impossible! Alors, comment se fait-il que nous acceptions que quatre projets IT sur cinq ne génèrent pas la valeur ajoutée métier attendue par les utilisateurs et promise par les informaticiens?
D’après Altran, la raison serait que le CIO raisonne en termes d’offre de services et pas en termes de demande de valeur ajoutée Or, la technologie ne peut que difficilement être mise en cause. Elle évolue constamment dans le sens des performances accrues. Et les règles de bonnes pratiques (ISO, ITIL, Prince 2, …), ne cessent -du moins théoriquement- de diminuer les risques de malfaçons des services IT. Pour couronner le tout, le concept de l’alignement de l’IT sur le métier est omniprésent dans les présentations IT et dans toutes les réunions de direction des entreprises. L’IT Governance serait-elle un mythe? Les différents intervenants semblaient tous d’accord pour affirmer que le temps de l’IT Governance est révolu. Il faut passer à l’ère de l’Information Governance. Soit, mais n’est-ce pas un simple «lifting»?
Et si le CEO avait tout faux? Parce que, si le CIO doit raisonner en termes de demande de valeur ajoutée, encore faut-il que les responsables métier de l’entreprise puissent formuler leurs exigences en des termes significatifs pour la technologie.
En tout cas, Fred Van Leeuwen, Managing Consultant, DCE Consultants, filiale de Altran Group, promeut l’évolution vers l’Information Governance en plaçant le défi dans le camp des responsables métier, du top management et donc du CEO. «La direction des entreprises considère encore trop souvent l’Informatique comme une île exotique où des talents techniques s’épanouissent en complète autarcie», affirme-t-il.
Reconnaissons, en effet, que peu de CEO laissent une liberté incontrôlée et totale à leur CFO. Trop dangereux! Par contre, comme ils n’entendent généralement pas grand-chose à la technologie, la tentation d’ignorer le CIO est donc grande…
Aussi, Fred Van Leeuwen propose un changement drastique dans les attitudes, dans la communication interne et dans la vision de l’informatique. Ce serait donc bien d’aptitude au changement qu’il s’agit. Mais du coup, attention que la Gouvernance ne prenne des airs de phobie … «Il faut que les CEO conçoivent et acceptent qu’ils puissent créer de la valeur ajoutée en exploitant l’information. Notez que je n’ai pas dit ‘informatique’. J’insiste:’’information’! Et, pour conceptualiser ma pensée, je propose de remplacer la notion de ‘IT’ Governance en ‘I3’ Governance. Les trois ‘I’ représentant Information, Information Technology et Information Management. En intégrant ces trois labels dans la pyramide de Maslov, leur définition, leur raison d’être et leur valeur pratique deviennent naturellement évidentes!» Maslov place le besoin primaire à la base de la pyramide. Dans notre cas, il s’agit des services IT nécessaires, voire indispensables, au service des besoins de l’entreprise.
«Durant les deux à trois dernières décennies nous avons appliqué les règles de bonne pratique IT de façon très bureaucratique et sans réelle réflexion en profondeur, estime Fred Van Leeuwen. C’est insuffisant. Il faut intégrer la dimension humaine et entrepreneuriale. Soyons sélectifs dans l’application des bonnes pratiques. Seules celles qui servent l’amélioration des processus opérationnels ont droit de cité. Partant, les dirigeants auront l’esprit en paix et les mains libres pour se concentrer sur les couches supérieures de la pyramide. Mais elles exigeront le développement de compétences nouvelles au niveau du management.»
Tous les managers devraient-ils donc devenir des informaticiens? Non, mais le consultant DCE leur conseille vivement de s’intéresser à l’informatique pour la comprendre et saisir son potentiel au niveau de leur métier. Question de pouvoir formuler la «demande» en quelque sorte. Question, aussi, d’intégrer, dans la chaîne de valeur de l’IT des éléments non technologiques. Pour arriver à cette intégration des éléments externes (technologie, marché IT, risques et opportunités métier,) et internes (métier, culture et compétences IT), il faut un «chef intégrateur». Fred Van Leeuwen le montre du doigt … On l’a compris, le rôle du CIO doit changer. On l’a dit, on l’a répété. Fred Van Leeuwen se fait insistant. Pour lui, c’est une condition sine qua non. Sinon, assure-t-il, la I3, ne verra pas le jour. «Le CIO doit devenir un leader naturel, un conseiller, un confident et un chef d’orchestre du grand opéra technologique. Il doit apprendre à l’entreprise comment se développer autour de l’Informatique en tirant les leçons de ses erreurs passées.»
En clair, cela veut également dire que le CEO et le management qu’il représente doivent participer activement à l’exercice de changement. De mentalité notamment. Les informaticiens sont des acteurs du succès de l’entreprise et pas seulement des fournisseurs d’outils plus ou moins adaptés aux réalités de la vie.
Le CEO, toujours prêt? En tant que chef suprême, c’est en effet, au CEO que revient le rôle d’intégrer l’informatique dans la confection des décisions stratégiques. C’est à lui qu’il appartient de parrainer la nouvelle gouvernance -celle qui gouverne l’information et non plus l’informatique. «Ce n’est pas la technolgie qui fait la differente, pas même l’information. Ce sont les gens et leur manière de développer, de gérer et d’exploîter l’infrastructure de l’information. Le défi du CEO est de promouvoir la coopération, de développer de nouvelles compétences et de semer les graines de la confiance mutuelle». Pour Fren Van Leeuwen, cette démarche stratégique permettra d’ouvrir la route vers une gouvernance moderne tournée vers un futur qui, de toute façon, se réinvente sans cesse. Nouveau commentaire :
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