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JAN PAESEN

Jeudi 18 Août 2011

Le phénomène du BYOD (Bring Your Own Device) décloisonne les sphères professionnelles et personnelles. Pour Jan Paesen, Director Product Management Enterprise Mobility Solutions, Belgacom Group, c’est une lame de fond. Pour ou contre? Peu importe: il faudra la gérer!



° Comment analysez-vous le phénomène du BYOD? Comment vos clients l’approchent-ils?

JAN PAESEN
«Nous sommes forts sollicités. En particulier par les grands groupes qui s’interrogent sur la façon d’aborder ce phénomène appelé à prendre de l’ampleur avec l’arrivée de la génération Y au sein de l’entreprise. Aujourd’hui, nous voyons des jeunes qui ne comprennent pas pourquoi les entreprises qui les ont engagés n’exploitent pas davantage des outils de communications plus avancés; ils ne comprennent pas davantage pourquoi elles n’adoptent pas de nouvelles méthodes de travail, plus collaboratives, plus flexibles aussi. Qu’on le veuille ou non, les frontières entre environnement privé et professionnel n’existent plus!

«Le BYOD est une lame de fond. Aujourd’hui, 34% des utilisateurs professionnels exploitent des applications de type «consumer» dans le cadre de leurs activités professionnelles, assure le Yankee Group. Gartner va plus loin en assurant que, à l’horizon 2014, pas moins de 90% des entreprises supporteront des applications professionnelles sur des terminaux privés. Ce sont des tendances lourdes. Parallèlement, on ressent de fortes réticences de la part des CIO...»

° En cause, prioritairement, la sécurité. Pour beaucoup, on ouvre à nouveau la porte de l’entreprise, alors qu’on était à peine parvenu à la fermer après avoir verrouillé les PC...

«Ce faisant, le BYOD pose aussi, plus largement, la question de la gestion de ces nouveaux outils de communication qui n’ont pas été choisis par l’entreprise, ainsi que celle de leur support. Enfin, troisième zone d’ombre, la confidentialité des données de l’entreprise, mais aussi celle de ses employés.

La maîtrise de la sécurité impose l'identification et l'authentification des utilisateurs, le contrôle des configurations et l’encryption des données stockées et les flux. C’est clairement du Mobile Device Management, un domaine que nous maîtrisons de longue date. Nous avons développé notre expérience sur les plates-formes AirWatch et MobileIron. Concrètement, nous savons gérer à distance des parcs de terminaux. Pour chaque device, nous savons tout, du type d’applications embarquées jusqu’au statut de la batterie. Nous pouvons aussi imposer des règles d’usages, écarter des applications, en restreindre l’usage à certaines tranches horaires. En cas de perte ou de vol d’un device, nous pouvons également bloquer et en effacer à distance des données. Ou encrypter les cartes SD. Nous pouvons même intervenir au niveau du roaming pour bloquer l’installation d’applications sur des terminaux se trouvant hors d’un territoire géographique donné...»

° Faut-il considérer le phénomène du BYOD comme un projet ICT à part entière? Comment vos clients l’abordent-ils?

«Aujourd’hui, nous sommes sollicités pour des déploiements sur site, pour héberger des solutions de gestion dans nos datacenters ou pour exploiter nos services. Cela varie en fonction des entreprises ou des secteurs -dans la finance, on préfère toujours les solutions sur site, c’est évident. Nous avons donc conçu une série de nouveaux services spécifiques, dont certains sur base d’une formule de type pay-per-use très compétitive que nous commercialiserons prochainement.

«Mais il ne faut pas voir la question du BYOD sous le seul angle technique, même si les compétences exigées sont importantes. Le phénomène du BYOD touche aux processus de l’entreprise, à ses règles, voire sa culture. Il faut définir de nouvelles règles, permettre certains usages, mais aussi en interdire d’autres. Il faut aussi catégoriser les employés. Plus généralement, sans créer une barrière franche entre usage professionnel et personnel, il faut définir un cadre juridique pour éviter de faire courir des risques à l'entreprise ou à ses employée. C’est un projet à part entière, très positif. Je vois le BYOD comme le moyen de décloisonner les sphères professionnelles et personnelles, ce qui peut être source de nouveaux modes de collaboration, d’échange, mais aussi de partenariats ou de prospection.»

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