Des impressions plus «grey» que «green»!Lundi 21 Avril 2008
Vert, une couleur qui passe encore mal sur les systèmes d’impression. La technologie n’est pas tout. Encore faut-il faire évoluer les usages...
Tout le monde se veut «green»! Tous les professionnels de l’impression souhaitent encourager les bonnes pratiques environnementales et s’ériger au passage en modèle d’«entreprise verte»; tous cherchent, dans le même temps, à responsabiliser l’utilisateur en l’impliquant dans l’effort de collecte et de recyclage.
«Green», ce sont d’abord des labels, dont Energy Star, EPEAT et TCO. C’est aussi le respect des directives européennes et de certifications. Bien, mais insuffisant. Les constructeurs ont compris que ce devait être plus que cela. Exemple, le conditionnement du matériel. Comment, en effet, croire une entreprise qui prône des réflexes écologiques si les produits qu’elle vend sont emballés dans du polystyrène?
Dès lors, chaque constructeur déploie son arsenal de méthodes et s’appuie sur sa culture d’entreprise pour faire passer le message. Il faut avant tout prouver -sinon convaincre- que l’on est soi-même engagé dans une démarche forte, construite sur le long terme et déjà opérationnelle.
Exemple, le programme Design-for-Environment chez HP. Il s’agit d’un cadre technique dans lequel les caractéristiques environnementales d’un produit, processus ou sites sont optimisées. Ensemble, les responsables produits et les concepteurs de produits HP identifient, hiérarchisent et recommandent des améliorations environnementales à travers le programme. Trois priorités: réduire la quantité d’énergie nécessaire à la fabrication et à l’utilisation des produits, développer des produits ayant un impact moindre sur l’environnement tout en offrant davantage de valeur ajoutée en fin de vie et, enfin, concevoir des équipements faciles à faire évoluer et/ou à recycler.
Très engagé, Kyocera a capitalisé sur son expertise dans l‘industrie de la céramique pour développer la première imprimante avec un tambour en silicium amorphe, dont la propriété essentielle est la dureté et donc la longévité. La durée de vie du tambour peut être garantie jusqu’à 500.000 pages ou trois années, tandis que la majorité des produits concurrents sont équipés de tambours prévus au maximum pour 100.000 pages. C’est Ecosys.
Autre avantage, le tambour est séparé du toner. Il suffit de remplacer le toner et rien d‘autre. En outre, le toner Kyocera a également l’avantage d’avoir une capacité plus importante que les consommables concurrents, jusqu’à 40.000 pages A4 (couverture de 5%) pour les modèles départementaux. Enfin, souligne Kyocera, ses imprimantes génèrent moins de déchets que les autres produits concurrents tout en ayant comparativement le coût à la page imprimée le plus bas.
Mais les produits ne peuvent suffire. Encore faut-il faire évoluer les habitudes utilisateurs, estime Lexmark. Et de fournir, à ce niveau, un gros travail de sensibilisation et de formation. Exemple, exploiter toutes les ressources des multifonctions.
On en est loin. A travers une récente enquête, Lexmark a montré que les usages restent basiques: 86% pour l’impression, 43% pour la photocopie et seulement 16% pour la numérisation. La mise en place de bonnes pratiques n’a pas encore été suffisamment encouragée, insiste le constructeur. Ainsi, moins d’un quart des entreprises (23%) propose l’utilisation de l’impression recto verso par défaut, une initiative qui diminuerait le coût de la page imprimée. Elles ne sont que 20% à encourager la dématérialisation des documents (numérisation et envoi par e-mail ou sauvegarde sur clé USB par exemple), 15% à offrir des guides d’utilisation pour l’impression couleur, et 7% à proposer un système d’authentification personnelle. Dommage!
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