Cloud... On ira, mais pas tout de suiteJeudi 31 Mars 2011
Un vrai changement de paradigme qui exige de nouveaux modèles. Aujourd’hui, on commence seulement à les mettre en place...
Que ferez-vous dans cinq ans? Où en sera votre entreprise? Existera-t-elle toujours ou aura-t-elle fusionné? Questions directes, mais réponses floues... «Si l’époque actuelle invite à s’engager, elle n’appelle pas à investir», observe Tom De Bast, Business Development Manager, Combell. C’est pourquoi il a tout misé sur le modèle «pay-as-you-grow». Ou comment commencer petit et acquérir les ressources supplémentaires quand nécessaire. Exchange? Dans le Cloud! Office? C’est imminent! Le CRM aussi si ce n’est déjà fait... Ca va vite, très vite. Combell, née avec l’internet, en profite à fond.
Le Cloud Computing traduit un vrai changement de paradigme. «Cette forme de fourniture de service permet de s'affranchir des contraintes matérielles, analyse Serge Bar, Infrastructure Director, Bull. Ce n'est plus tel ou tel matériel qui est choisi, mais le service répondant réellement aux besoins métier du client!» John Myklebust, Director Datacenter & Cloud Services, Belgacom, voit dans le Cloud Computing une étape vers l’Utility Computing, à savoir le principe de la fourniture étendue des ressources ICT facturées à l'usage, comme l'eau, le gaz ou l'électricité. «C’est le but, la finalité. En ce sens, nous avons encore beaucoup à faire pour introduire de nouveaux modèles économiques. Pour moi, c’est le véritable enjeu. On va devoir se montrer très créatifs...» C’est branle-bas de combat! L’émergence du modèle bouscule surtout les spécialistes de l’externalisation d’infrastructure. Logique: l’économie générée en matière d’exploitation apparaît comme l’un des points forts de ces nouvelles solutions basées sur des centres de production fortement automatisés. Bref, il va falloir s’adapter à la nouvelle donne: moderniser les installations et proposer des modes de facturation plus souples.
La période est un peu angoissante pour les prestataires, la tension est palpable. De fait, ils ne détiennent pas, dans leurs gènes, le modèle économique pour gérer cette souplesse. «Le Cloud n’a pas impacté le pay-per-use-par-month, on le pratiquait déjà. Mais il conforte le modèle. C’est un enabler. Les clients perçoivent mieux l’intérêt qu’ils peuvent en tirer», analyse Peter Hellemans, Siemens IT Solutions and Services.
Et de poursuivre: «L’enchaînement a été très rapide. Il y a quatre ans à peine, le client voulait son environnement dans ses murs. Ensuite, il a accepté d’externaliser ses sauvegardes, puis son stockage et, enfin, ses serveurs. Personne n’aurait imaginer un tel basculement de valeurs!» Selon Belgacom, le marché est passé en «mode investigation»: il cherche, s’informe. C’est très net dans les grands comptes où la question de la constitution d’un catalogue d’infrastructure est à l’ordre du jour. Dans les PME, la photo est différente. Le Cloud est perçu comme une opportunité, un levier à actionner au plus vite pour accéder à des services impossibles à bâtir et à gérer autrement... «La demande est là, confirme Petro Aerts, Business Unit Manager, ASPEX. Nous avions perçu cette tendance en 2002, aux débuts de l’entreprise... Pour moi, le premier driver est le besoin de savoir ce que l’on paie, pas le montant total mais les coûts liés à l’usage. Le deuxième driver, plus récent, c’est la confiance. Les questions de sécurité sont de moins en moins un problème...» La révolution est en marche, confirme Accenture. «Au cours des prochaines années, nous allons assister à la formation d’écosystème business regroupant des entreprises inter-connectées et aux activités complémentaires, continue Jean-Marc Boxus. Ces entreprises vont se regrouper afin de fournir de façon transparente des services. Concrètement, cela signifiera qu’une étape supplémentaire sera franchie dans la spécialisation et les économies d’échelle...» Autre prédiction: Le Cloud va donner naissance à des «business process utilities», à savoir des sociétés fournissant des services communs et simple mais à une échelle encore inconcevable aujourd’hui. Le Business Process Outsourcing poussé à l’extrême. La dernière prédiction d’Accenture touche l’IT. A l’avenir, l’IT pourra être conçue comme un exo-squelette alors qu’aujourd’hui il s’agit avant tout de moyens internes; datacentres et applications peuvent être fournis depuis l’extérieur d’une organisation.
Mais pas de révolution pour autant. Certes, certains business vont grandement bénéficier de la flexibilité -en profitant notamment de l’opportunité d’accéder à de tels services. Mais la majorité des besoins en CPU et puissance de traitement est prévisible et rend donc les modèles «pay-per-use» moins attrayants. Pour Accenture, le paradigme du Cloud Computing est -à tort- basé sur l’idée de réduction des coûts. «C’est bien plus qu’un modèle de facturation flexible ou un moyen de réduire les coûts de l’IT, insiste encore Jean-Marc Boxus, Senior Executive Outsourcing, Accenture. Le Cloud offre surtout des opportunités qui impacteront plus sensiblement notre conception du business que celle de l’IT!»
Tom De Bast (Combell) ne dit rien d’autre, finalement, quand il assure observer la «conscience croissante du marché dans la gestion efficace des ressources». Pour lui, le Cloud Computing n’est plus un phénomène de mode. Mais une réalité. En 2010, son entreprise a progressé de 27%! Dans la même rubrique :
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