° Il est courant d'entendre dire que le Big Data va supplanter la Business Intelligence. Partagez-vous cet avis?
«Je constate plutôt une évolution. La BI consiste à regarder derrière, sur base de
données structurées et organisées, de devoir parfois connaître a priori les types d’analyse que l’on souhaite mettre en œuvre pour pouvoir modéliser correctement son datawarehouse. La BI a ses limites; elle ne peut intégrer des volumes de plus en plus importants de données, dans des délais de plus en plus courts, en respectant la structuration des différents modèles de stockage. On ne peut plus se contenter de regarder dans le rétroviseur. Les vraies questions, aujourd'hui, sont comment faire pour m'imposer? Quels marchés dois-je créer? Ce n'est pas avec la BI qu'on lancera la 4ème licence de téléphonie mobile! Le Big Data, lui, est prospectif.»
° En même temps, le Big Data est perçu comme une solution technique pour traiter de très grands volumes de données; une solution de capacité et non d'aide à la décision...
«De fait, l'appellation est trompeuse. On pense technologie parce qu'on imagine de très grands volumes de données, alors que l'objectif consiste à mieux les exploiter pour en retirer des informations pertinentes. Finalement, que l'exercice porte sur l'analyse d'un PB de données ou un TB de données, peu importe. C'est la valeur des informations qui fera la différence.»
° Concrètement, pour qu'en faire?
«Pour mesurer, par exemple, l’impact d’une campagne de marketing ou de communication alors que celle-ci est en cours, voire l’analyse de commentaires, le décryptage d’avis de leaders d’opinions, etc. Nous sommes entrés dans l’ère et la logique des ‘followers’ sur les réseaux sociaux! Nous sommes entrés dans cette culture où mieux vaut être connecté en permanence, être à l’affût de la bonne idée, celle qui fait mouche et se répand comme une traînée de poudre, sans être passé par les canaux classiques, ni par la hiérarchie…»
° Les entreprises sont-elles réceptives à ce genre de message?
«Fort peu encore. Peut-être une sur dix. Où, d'ailleurs, l'on ne rencontre plus l'IT, mais le marketing, la direction des ventes, la direction des finances... On ne parle pas technologies, mais business. Comment être plus rapide que la concurrence? Comment attirer de nouveaux clients? Rappelons-nous cette prédiction de Gartner: en 2017, les directions marketing auront parfois un budget informatique à leur disposition supérieur à celui des directions ICT!»
° Cela suppose une vraie révolution... Est-cela le Big Data?
«Certains secteurs sont fort en retard. La banque, en particulier. Personnellement, je suis client de la même banque depuis vingt-six ans. A priori, ils savent tout de moi et de ma famille. Soit une quantité énorme de données. Mais elles ne sont pas traduites en informations, encore moins en actions. Récemment, pour un problème de carte de crédit, j'ai appelé ma banque par téléphone pour leur signifier mon mécontentement; j'ai également tweeté... En vain. Il n'y a pas eu de remontée d'information, pas d'action spécifique. De même, cette banque n'a même pas réagi alors que, régulièrement, je transfère de l'argent vers un nouveau compte... en ligne celui-là! Ont-ils perçu le risque que je puisse passer d'une enseigne à une autre? Je ne le pense pas. L'information n'est tout simplement pas exploitée.
«Je constate plutôt une évolution. La BI consiste à regarder derrière, sur base de
données structurées et organisées, de devoir parfois connaître a priori les types d’analyse que l’on souhaite mettre en œuvre pour pouvoir modéliser correctement son datawarehouse. La BI a ses limites; elle ne peut intégrer des volumes de plus en plus importants de données, dans des délais de plus en plus courts, en respectant la structuration des différents modèles de stockage. On ne peut plus se contenter de regarder dans le rétroviseur. Les vraies questions, aujourd'hui, sont comment faire pour m'imposer? Quels marchés dois-je créer? Ce n'est pas avec la BI qu'on lancera la 4ème licence de téléphonie mobile! Le Big Data, lui, est prospectif.»
° En même temps, le Big Data est perçu comme une solution technique pour traiter de très grands volumes de données; une solution de capacité et non d'aide à la décision...
«De fait, l'appellation est trompeuse. On pense technologie parce qu'on imagine de très grands volumes de données, alors que l'objectif consiste à mieux les exploiter pour en retirer des informations pertinentes. Finalement, que l'exercice porte sur l'analyse d'un PB de données ou un TB de données, peu importe. C'est la valeur des informations qui fera la différence.»
° Concrètement, pour qu'en faire?
«Pour mesurer, par exemple, l’impact d’une campagne de marketing ou de communication alors que celle-ci est en cours, voire l’analyse de commentaires, le décryptage d’avis de leaders d’opinions, etc. Nous sommes entrés dans l’ère et la logique des ‘followers’ sur les réseaux sociaux! Nous sommes entrés dans cette culture où mieux vaut être connecté en permanence, être à l’affût de la bonne idée, celle qui fait mouche et se répand comme une traînée de poudre, sans être passé par les canaux classiques, ni par la hiérarchie…»
° Les entreprises sont-elles réceptives à ce genre de message?
«Fort peu encore. Peut-être une sur dix. Où, d'ailleurs, l'on ne rencontre plus l'IT, mais le marketing, la direction des ventes, la direction des finances... On ne parle pas technologies, mais business. Comment être plus rapide que la concurrence? Comment attirer de nouveaux clients? Rappelons-nous cette prédiction de Gartner: en 2017, les directions marketing auront parfois un budget informatique à leur disposition supérieur à celui des directions ICT!»
° Cela suppose une vraie révolution... Est-cela le Big Data?
«Certains secteurs sont fort en retard. La banque, en particulier. Personnellement, je suis client de la même banque depuis vingt-six ans. A priori, ils savent tout de moi et de ma famille. Soit une quantité énorme de données. Mais elles ne sont pas traduites en informations, encore moins en actions. Récemment, pour un problème de carte de crédit, j'ai appelé ma banque par téléphone pour leur signifier mon mécontentement; j'ai également tweeté... En vain. Il n'y a pas eu de remontée d'information, pas d'action spécifique. De même, cette banque n'a même pas réagi alors que, régulièrement, je transfère de l'argent vers un nouveau compte... en ligne celui-là! Ont-ils perçu le risque que je puisse passer d'une enseigne à une autre? Je ne le pense pas. L'information n'est tout simplement pas exploitée.
«A l'opposé, certains secteurs sont très ouverts. La santé, en particulier. Outre un énorme besoin de corréler un grand nombre d'informations pour réduire la fraude à la sécurité sociale, je pense qu'on se dirige vers de nouveaux services d'analyse et de monitoring en ligne qui s'inscrivent pleinement dans le Big Data. Voyez le succès d'un service comme 23andMe, un site Internet d’un nouveau genre qui propose, à partir d’un échantillon de votre ADN, de vous dire si vous courez, ou non, un risque de développer telle ou telle maladie. Toujours en ligne, on peut aujourd'hui évaluer ses risques de diabètes, connaître leur nature. De même, au départ d'une application sur iPhone, on peut aujourd'hui évaluer vos risques de cancer de la peau... Je pense que ces services sont appelés à connaître un formidable essor. En matière de santé, la prévention s'automatise.
«Dans le domaine des Telco, on sent la nécessité de trouver de nouveaux débouchés, ailleurs que dans la voix. Sans doute au départ des données. Ce pourrait être la distribution de contenu -gestion de catalogues d’offres, agrégation au sein de portails thématiques, etc. Ce pourrait être, aussi, la production de contenu. Peu d’opérateurs sont présents sur ce dernier créneau. Or, il permet de renforcer le positionnement de l’opérateur sur la chaîne de valeur du contenu et de capter une part importante de la croissance du marché des contenus...»
° De tous temps, on a cherché de nouveaux débouchés... Qu’attendre de particulier du Big Data?
«Les besoins n'ont jamais été aussi grands... et aussi complexes. Dans le marketing, c'est améliorer le cross-selling, développer le géomarketing, initier le marketing comportemental, permettre la micro-segmentation client... Ce n'e sont là que quelques exemples. Si le Big Data est sous les feux de la rampe, ce n’est pas un hasard: explosion des volumétries de données, nécessité d’avoir un time to market toujours de plus en plus court, augmentation des risques et obligation de les gérer, concurrence toujours de plus en plus forte dans un marché mondialisé…
«Les entreprises doivent donc passer de l’époque où elles optimisaient leurs processus de gestion des données à un nouvel âge où elles doivent maintenant exploiter les données quelles qu’elles soient pour mieux comprendre et analyser leur écosystème et ainsi adapter leur business model. Le temps de l’optimisation des processus en vase clos est aujourd’hui révolu; les entreprises doivent encore davantage tenir compte du monde extérieur pour améliorer leur compétitivité.»
«Dans le domaine des Telco, on sent la nécessité de trouver de nouveaux débouchés, ailleurs que dans la voix. Sans doute au départ des données. Ce pourrait être la distribution de contenu -gestion de catalogues d’offres, agrégation au sein de portails thématiques, etc. Ce pourrait être, aussi, la production de contenu. Peu d’opérateurs sont présents sur ce dernier créneau. Or, il permet de renforcer le positionnement de l’opérateur sur la chaîne de valeur du contenu et de capter une part importante de la croissance du marché des contenus...»
° De tous temps, on a cherché de nouveaux débouchés... Qu’attendre de particulier du Big Data?
«Les besoins n'ont jamais été aussi grands... et aussi complexes. Dans le marketing, c'est améliorer le cross-selling, développer le géomarketing, initier le marketing comportemental, permettre la micro-segmentation client... Ce n'e sont là que quelques exemples. Si le Big Data est sous les feux de la rampe, ce n’est pas un hasard: explosion des volumétries de données, nécessité d’avoir un time to market toujours de plus en plus court, augmentation des risques et obligation de les gérer, concurrence toujours de plus en plus forte dans un marché mondialisé…
«Les entreprises doivent donc passer de l’époque où elles optimisaient leurs processus de gestion des données à un nouvel âge où elles doivent maintenant exploiter les données quelles qu’elles soient pour mieux comprendre et analyser leur écosystème et ainsi adapter leur business model. Le temps de l’optimisation des processus en vase clos est aujourd’hui révolu; les entreprises doivent encore davantage tenir compte du monde extérieur pour améliorer leur compétitivité.»






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