A la croisée des cheminsJeudi 26 Mai 2011
Manque d’espace, menaces sur l’énergie, investissements permanents, nouveaux modèles économiques... Peut-on encore gérer son datacenter?
Il ne fait plus bon être un gestionnaire de datacenter! On doit tout à la fois rendre des comptes sur les investissements et les frais qui s’envolent, anticiper les mutations de la société qui nous emploie comme les évolutions de la technologies, permettre une facturation très fine (par clients externes, par départements internes...) et réaliser une communication environnementale positive en capitalisant sur PUE, la réutilisation de l’énergie calorifique, le free cooling, etc.
C’est beaucoup. Et ce n’est pas tout. Il faut encore se conformer aux normes internationales et à leurs implications sur les installations informatiques en matière de plans de reprise et de continuité de services, démontrer que cette «usine» est entièrement contrôlée et ne peut pas tomber en panne, prendre feu ou permettre des intrusions hostiles... Or, voici qu’une nouvelle génération de datacenters se profile, «dessinés» si l’on peut dire pour le Cloud Computing. Des datacenters avant tout plus denses -la densité demande moins de capital, moins de matériel, moins de mètres carrés à construire tout en consommant moins d’électricité et en dépensant moins... ce qui est plus «green». Sur dix ans, ne l’oublions pas, la consommation d’électricité d’un datacenter représente le même budget que l’investissement initial lié à sa construction! Ces nouveaux datacenters seront aussi plus modulaires parce que la charge à gérer sera plus dynamique avec le Cloud Computing... et que pour consommer moins d’énergie, l’infrastructure doit s’adapter en permanence à la charge informatique. Mais, surtout, le Cloud Computing va imposer un nouveau modèle commercial où les critères quotidiens seront le service à la demande, les SLA, la rapidité, la modularité, l’efficacité énergétique et un large accès au réseau. Les hébergeurs connaissent bien certains de ces critères. Aussi, en passant à un tel modèle, ils deviendront de sérieux concurrents pour les intégrateurs et autres prestataires de services pour autant qu’ils abandonnent le «paiement au mètre carré» au profit d’un «paiement à l’usage», voire au kilowatt. Leurs datacenters devront être bâtis en fonction du modèle commercial du Cloud. Avant d’être un bouleversement technologique, le Cloud Computing est d’abord un changement de modèle économique pour les acteurs du monde informatique -de «l’achat» au «paiement à l’usage». Cela signifie, enfin, que les datacenters vont rapidement migrer vers des environnements mutualisés. Moins de 20% des datacenters sont aujourd’hui «outsourcés»; ils seront environ 80% dans dix ans! De là, bien des questions... Selon Gartner, le développement des datacenters sera affecté par quatre facteurs au cours des cinq prochaines années
1- Une conception plus intelligente
Pour la plupart, les datacenters actuels ont été créés à l'ère du mainframe. Aujourd'hui, les exigences sont différentes sur les systèmes mécaniques et électriques, la composition, la charge de travail et l'âge des équipements. L’intelligence succède au hardware. 2- Une meilleure efficacité énergétique Aujourd’hui encore, peu de gestionnaires de datacenters prêtent attention à l’efficacité énergétique... sauf s'ils sont poussés par l'opinion publique. Les nouveaux gestionnaires, eux, s'y penchent sérieusement. Les nouveaux centres respectent donc de nouvelles normes. 3- Des environnements à forte densité La plupart des centres de données étant actuellement sous-utilisés, la densité des équipements devient donc primordiale. Aujourd’hui, elle ne dépasse guère 60%; il faudrait parvenir à 85%, voire 90%. L'avènement du Cloud Computing devrait permettre d'atteindre ces nouveaux ratios. 4- Le potentiel du cloud computing. En transférant une partie de la charge de travail «dans le nuage», le Cloud Computing va libérer plus facilement de l'espace au sol et de la puissance. La ressource de calcul ne sera plus forcément détenue et gérée par le propriétaire de l'application, mais par l'hébergeur. «L’approche de Gartner est assez traditionnelle. Pour moi, la situation est réellement disruptive. Les questions de nos clients dépassent la consommation électrique et les technologies de refroidissement. Ce sont les modes d’opération qui sont remis en question. On est clairement à la croisée de deux mondes: le client-serveur en interne et le cloud à travers l’externalisation!» John Myklebust, Director Datacenter & Cloud Services, Belgacom Dans la même rubrique :
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Quand l’infrastructure devient dynamique...






